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Le procès : L’histoire fascinante de la foi d’un étudiant

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Une histoire vraie de victoire – de victoire de la foi, de victoire de la prière, de victoire de celui qui confie sa vie à Dieu.

Après avoir accompli son service militaire au sein de l’armée sud-coréenne, Jiman Han retourne à la faculté de médecine de l’université nationale Kyungpook, où il s’est inscrit deux ans plus tôt. Il est heureux de reprendre ses études pour réaliser le rêve de sa vie : devenir médecin. Cependant, il est loin de se douter que ce rêve n’est que le commencement d’un parcours difficile qui, finalement, aboutira à la Haute Cour de Daegu.

Pendant son premier semestre, Jiman apprend que certains examens auront lieu le sabbat. Mais que faire devant un tel dilemme ? Comment observer le sabbat tout en poursuivant ses études ? Bien que réfléchissant à fond pour comprendre le commandement disant de se souvenir du jour du sabbat pour le sanctifier, il sent qu’une partie de lui-même a déjà baissé les bras. En proie à une lutte intérieure difficile, Jiman, en quête de réponses, se livre à d’incessantes prières et à une étude approfondie de la Parole de Dieu.

Cette étude le conduit à une plus grande compréhension de la véritable signification du sabbat, d’où l’irrévocable conclusion : le jour du sabbat doit être mis à part. Dans sa conviction, Jiman rencontre son professeur d’anatomie pour lui exposer ses croyances et sa foi. Fermement mais respectueusement, il lui explique pourquoi il ne peut se présenter à quelque examen que ce soit se tenant le samedi. « J’ai la conviction, Monsieur, que le sabbat doit être mis à part. »

Jiman demande ensuite à son professeur s’il pourrait fixer l’examen un autre jour que le samedi. La réponse ne se fait pas attendre : c’est un « non » catégorique. Le règlement de l’université est inflexible : aucun étudiant ne fera l’objet d’un traitement de faveur pour des raisons de croyances religieuses.

Devant ce premier revers, Jiman se tourne vers d’autres canaux de l’université, mais en vain. Il se retrouve devant un mur ! Après beaucoup de réflexion et de prière, et après avoir reçu conseil de ceux qui partagent sa foi, Jiman dépose une plainte auprès de la Cour de district de Daegu pour obtenir le droit de passer l’examen un autre jour que le jour du sabbat. Le Collège des médecins, lequel juge le cas de Jiman compliqué, présente ses arguments devant la cour. Le tribunal tranche en faveur du Collège, de sorte que Jiman se retrouve à la case départ. Découragé, il reste pourtant convaincu qu’il ne peut ni ne doit user de compromis quant à l’observation du quatrième commandement de Dieu.

C’est alors que le Dr Ki-Hoon Kang, membre du groupe de prière Liberté de religion, contacte Jiman. Il lui dit que si son cas répond à certaines exigences, il pourra soumettre une plainte à la Commission nationale des droits de la personne de Corée. La commission révisera sa situation et, si elle juge son cas recevable, elle le présentera en tant que violation des droits de la personne. Jiman décide de suivre la suggestion du Dr Kang. Malheureusement, la Commission nationale des droits de la personne de Corée ne considère pas la plainte de Jiman comme étant une violation des droits de la personne, et par conséquent, refuse d’en faire un cas officiel.

C’est l’impasse ! Dévasté et émotionnellement épuisé, Jiman songe alors à abandonner son rêve d’enfance. Médecin ou observateur du sabbat ? Alors qu’il lutte pour prendre sa décision, le Dr Kang vient une fois de plus à sa rescousse, et lui suggère de déposer une plainte à la Haute Cour de Daegu.

A-t-il déjà imaginé qu’il se retrouverait un jour devant la Haute Cour à cause de son observation du sabbat ? « Pas une seconde ! s’écrie-t-il. J’étais persuadé que la Corée me donnait une pleine liberté de religion, mais cette situation était vraiment différente. C’est avec beaucoup d’appréhension et en proie à une pression intérieure considérable que je me suis fait à l’idée d’entamer un procès. » Après tout, c’était sa propre université qu’il poursuivait – une démarche considérée, dans le contexte coréen, comme de l’insubordination et la création d’un précédent inquiétant.

Les amis et connaissances de Jiman sont non seulement inquiets, mais surtout très sceptiques quant à l’issue potentielle de cette audacieuse tentative. Il s’agit, en effet, de la toute première poursuite en Corée du Sud portant sur la liberté religieuse et l’observation du sabbat. Sachant d’avance que l’épreuve sera dure, nombre des amis de Jiman le supplient de reconsidérer sa décision. Ils craignent qu’une défaite ne rende encore plus difficile pour les adventistes d’observer le sabbat dans d’autres situations, telles que l’assiduité en classe ou les opportunités de travail.


LE PROCÈS

Avec la prière et le soutien de sa famille et de ses amis, Jiman décide de foncer. Il sait qu’il ne doit pas reculer, quoi qu’il advienne.

Lors du déroulement de l’action en justice, il se sent certains jours émotionnellement et spirituellement troublé. Sa plainte déposée à la Haute Cour implique un investissement financier important. À l’université, on le considère comme un gars plutôt « bizarre ». Pour cette société fondée sur la conformité à l’autorité, il ne cadre pas du tout dans le décor ! Jour après jour, il subit les railleries de ses camarades de classe et se retrouve devant un prof qui peut le faire échouer. Toutes ces choses l’épuisent. Mais ce qui l’effraie par-dessus tout, c’est la possibilité de devoir abandonner son rêve d’être, un jour, médecin.

Tout au long de cette crise, alors que la détresse l’envahit et que le doute l’assaille, alors que tout semble chanceler autour de lui, Jiman trouve force et stabilité dans sa foi en Dieu et dans l’assurance qu’il ne l’abandonnera pas. Plus grande est sa détresse, plus forte est sa foi. C’est dans le creuset de la souffrance émotionnelle et de la lutte spirituelle que Dieu se révèle à Jiman. Pour la première fois de sa vie, ce dernier apprend vraiment ce que signifie passer du temps avec Dieu. Plus que jamais auparavant, il recherche son créateur par l’étude et la prière. C’est dans ces moments d’exercices spirituels personnels qu’il puise force et espoir. En cherchant Dieu de plus en plus, il découvre à son grand étonnement que son problème le consume de moins en moins. Il sait que tant et aussi longtemps qu’il se confiera en Dieu et lui remettra son cas, il pourra remporter la victoire, peu importent les obstacles qui se dressent sur son chemin.

Les frais juridiques et judiciaires encourus par la plainte déposée auprès de la Haute Cour sont très élevés – un lourd fardeau financier pour Jiman et sa famille. Heureusement, de nombreux amis adventistes et l’Union des fédérations coréennes soutiennent financièrement la famille Han.


LE VERDICT

Finalement, la Haute Cour tranche en faveur de Jiman Han ! C’est, à coup sûr, une victoire historique ! – mais aussi une victoire de la foi, une victoire de la prière. En plus d’approuver la pétition de Jiman relative au privilège du sabbat, la Haute Cour ordonne au défendeur (la faculté de médecine de l’université nationale Kyungpook) d’assumer tous les frais juridiques suportés par la cause portée en appel. La Haute Cour décrète aussi que Jiman passe un autre jour que le samedi tous les examens manqués en raison du sabbat.

Suite à cette victoire sans précédent, Jiman partage à plusieurs reprises et en des endroits différents son témoignage avec la communauté adventiste. Quand on lui demande ce qu’il souhaite que les jeunes adventistes retirent de son expérience, il répond : « En tant qu’adventistes, nous passons tous par des épreuves de toutes sortes. Cependant, nous devons mettre notre foi pleinement en Dieu et prier avec ferveur. Car “sans la foi il est impossible de lui être agréable ; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent” (Hébreux 11.6) ».

« La vie peut être rude, dit Jiman, mais vous pouvez surmonter les difficultés. Ne perdez pas de vue la victoire dont Dieu peut vous permettre de faire l’expérience à travers ces épreuves. Si une épreuve vous donne du fil à retordre, en revanche, elle peut aussi être une occasion de chercher Jésus de tout votre cœur et de fixer les yeux sur lui. « Reconnais-le dans toutes tes voies, et il aplanira tes sentiers. » (Proverbes 3.6).

De Natacha Moorooven, titulaire d’un doctorat de l’université Sogang, en Corée du Sud, et professeure adjointe de l’université de Yong-In.
Source : Dialogue 31 (2019/2), p. 26-27

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