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ELLEN WHITE ET SON PORTRAIT DE LUTHER

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Luther et Ellen White ont souligné l’autorité ultime des Écritures en matière de foi et de pratique, l’importance des Écritures en tant que leur propre interprète, la relation étroite entre l’Ancien et le Nouveau Testament, et le rôle central de Jésus-Christ. Ils croyaient profondément que le salut est accompli seulement par les mérites du sacrifice expiatoire du Christ sur la croix, qu’il est un don de la grâce et qu’il est reçu par le pécheur par la foi seule, sans les œuvres. De plus, pour Luther et Ellen White, une perspective eschatologique évidente accompagne le salut.

Ellen G. White (1827-1915) considère Martin Luther comme le réformateur protestant par excellence, et l’exemple historique pour ceux qui vivent à la fin des temps. Elle est de cet avis malgré le fait que la plupart des racines évidentes de la théologie adventiste proviennent des traditions wesleyennes-méthodistes. Elle mentionne Luther souvent – en fait, plus de quatre fois plus que Philippe Mélanchthon, Ulrich Zwingli, Jean Calvin, John Knox et John Wesley combinés. Elle discerne donc quelque chose de très spécial chez ce réformateur allemand1.

À première vue, il pourrait sembler qu’Ellen White n’a pas grand-chose en commun avec Luther. Un vaste océan et 300 ans les séparaient, sans parler de leurs origines culturelles, éducatives, philosophiques et théologiques très différentes2. En dépit de ces contrastes aussi flagrants, Luther et Ellen White firent bon nombre d’expériences communes qui, dans un sens, pourraient avoir créé une affinité spirituelle entre eux.

Martin Luther et Ellen White furent au premier plan de la réforme religieuse et des mouvements de réveil dans leurs propres pays et ailleurs. Ils furent exclus de l’Église de leur enfance parce qu’ils répandaient leurs convictions religieuses. Ils soulignèrent l’autorité ultime des Écritures en matière de foi et de pratique, l’importance des Écritures en tant que leur propre interprète, la relation étroite entre l’Ancien et le Nouveau Testament, et le rôle central de Jésus-Christ. Bien que croyant tous deux aux mérites du sacrifice expiatoire du Christ sur la croix pour la justification du pécheur par la foi, ils étaient aussi convaincus qu’une perspective eschatologique évidente accompagnait le salut. Leur cadre théologique influença leurs coreligionnaires et est, encore aujourd’hui, hautement considéré par leurs traditions confessionnelles respectives, au point où il continue d’avoir un impact sur la culture environnante élargie.

L’esquisse chronologique qu’Ellen White trace de la vie de Luther est caractérisée par un entrelacement des raisons du rôle central et de l’autorité des Écritures, de la justification par la foi en Christ, de l’intervention providentielle de Dieu dans l’expérience de Luther et de la séparation graduelle de Luther du catholicisme romain. Ce chapitre décrit son appropriation de chacune de ces explications.

 

L’AUTORITÉ DE LA BIBLE

Tout au long de sa description de la vie de Luther, Ellen White souligne l’importance croissante que la Bible exerça dans son expérience. Après avoir trouvé une Bible en latin à la bibliothèque de l’université d’Erfurt, précise-t-elle, Luther fut saisi d’émotion tandis que pour la première fois, il pouvait lire « les paroles de vie » pour lui-même. Des anges du ciel étaient à ses côtés et des rayons de lumière illuminaient son entendement alors qu’il soupirait : « Oh ! si seulement Dieu permettait que je possède un jour personnellement un tel livre ! » Ce jour-là, il éprouva plus que jamais le sentiment de sa culpabilité. L’étude de la Bible « enchaînée au mur du couvent » faisait ses délices. La conviction croissante de son sentiment de culpabilité l’amena à chercher le pardon par le mérite de ses propres œuvres. Un jour, Johann von Staupitz, son confesseur, lui expliqua la Bible et dirigea ses regards vers Jésus3.

Plus tard, à Wittenberg, Luther étudia la Bible dans ses langues originales et commença bientôt à donner des cours sur certains livres bibliques. Malgré tout, raconte Ellen White, Luther se sentait quand même indigne de prêcher la Parole de Dieu et avait besoin de l’encouragement de Staupitz. Après l’obtention de son doctorat en 1512, il devint professeur à l’université. Il « pouvait désormais se consacrer plus que jamais à l’étude des saintes Écritures qu’il chérissait ». C’est à ce point, révèle Ellen White, qu’il prit la résolution cruciale d’étudier minutieusement les Écritures, de ne recevoir que les doctrines reposant sur son autorité, et de les enseigner fidèlement aux autres. Cette résolution déterminait déjà le « principe vital de la réforme » ultérieur4 que les théologiens ont appelé le principe formel (la source faisant autorité) de la Réforme. Luther était certain qu’avec son intelligence et des recherches, une personne pouvait fort bien obtenir une juste compréhension de la Bible. Ce dont une personne a besoin, c’est de demander sincèrement à Dieu, l’Auteur des Écritures, de lui en donner une meilleure compréhension. Selon Ellen White, Luther percevait les Écritures comme étant la seule règle de foi et de pratique5 ; cette explication apparaît partout dans ses propres écrits, ainsi que dans les publications de pionniers adventistes et d’auteurs américains protestants contemporains.

Après le commencement de la Réforme protestante, Luther « demanda » même à ses détracteurs de lui démontrer « ses erreurs par les Écritures »6. Commentant son séjour au château de la Wartbourg de mai 1521 à mars 1522, Ellen White déclare que Luther « alimentait sa lampe aux sources de la vérité »7. En fait, c’est là qu’il rendit « à ses concitoyens un service inappréciable en traduisant le Nouveau Testament dans la langue du peuple » (publié six mois après le retour de Luther du château de la Wartbourg, il fut bientôt connu sous le nom de « Testament de septembre »). « Du haut de son rocher de Patmos », Luther publia de nombreux tracts qui proclamaient l’Évangile et dénonçaient les erreurs de son temps8. Cependant, au lieu de se tourner seulement contre le catholicisme romain et le rationalisme, il s’opposa au fanatisme spiritualisant des prophètes de Zwickau et de Thomas Müntzer, car ils promouvaient les communications spirituelles au détriment de l’autorité de la Parole écrite9. Luther et Ellen White ne voyaient aucune valeur dans le rite catholique de la messe ; Ellen White donna raison à Luther dans son rejet de son abolition violente parce qu’elle croyait que la puissance de la Parole de Dieu était plus efficace que l’utilisation de la force pour détourner le peuple du culte apostat et de l’excitation fanatique10. Ellen White percevait Martin Luther comme le champion principal du « vrai christianisme » en raison du rôle et de l’autorité qu’il reconnaissait aux Écritures11.

 

LA JUSTIFICATION PAR LA FOI EN CHRIST

La seconde explication consignée dans le récit d’Ellen White sur Luther, c’est « la grande vérité de la justification par la foi […] un phare puissant pour guider les pécheurs repentants dans le chemin de la vie »12. Denis Fortin, un théologien de l’histoire, observe qu’Ellen White attribue à Luther « le plus grand rôle dans la restauration de la seconde doctrine distinctive du protestantisme : le salut par la foi en Christ »13. De plus, Hans Heinz déclare qu’en découvrant cet enseignement, « Luther établit le principe matériel [la doctrine centrale] de la Réforme »14.

Tel que mentionné plus haut, Ellen White souligne que Martin Luther cherchait désespérément le pardon et la paix par la discipline et les exercices spirituels. Staupitz, son confesseur, finit par le supplier « de ne plus contempler le châtiment dû au péché, mais de regarder à Jésus, son Sauveur, prêt à pardonner »15. Elle mentionne d’abord la déclaration de Staupitz dans un article daté de la fin mai 188316. Chose intéressante, lors de la session de la Conférence générale des adventistes du septième jour qui se tint moins de six mois plus tard, elle ne cessa de souligner la nécessité d’éviter de nous concentrer sur nos imperfections et de regarder fermement à Christ pour être sauvés. Tandis que ses sermons étaient publiés, elle imprégna chez ses lecteurs la pensée de détourner le regard de soi et de se focaliser sur la croix – « Regardez et vivez »17.

La nouvelle perspective de Luther eut un impact positif sur sa vie, et cependant, elle ne transforma pas nécessairement sa vision du salut. Ainsi, Ellen White décrit Luther à l’hiver 1510-1511, faisant « dévotement » l’ascension de « l’escalier de Pilate » avec les autres pèlerins « quand, tout à coup, la parole du prophète Habakuk, que Paul a répétée, retentit dans son cœur comme un tonnerre : “Le juste vivra par la foi.” » [Rm 1.17] Luther, écrit-elle, « s’éloigna honteux et bouleversé […]. Cette parole impressionna toujours son âme. Dès ce moment, il vit plus clairement que jamais combien il est erroné de chercher le salut dans les œuvres. Il comprit aussi la nécessité de la foi aux mérites de Jésus-Christ18. » Commentant la nature et l’impact de ses enseignements sur ses auditeurs de 1512 à 1517, elle écrit : « L’heureuse nouvelle de l’amour d’un sauveur, l’assurance du pardon et de la paix par la foi en son sang expiatoire réjouissaient les cœurs et y versaient une espérance immortelle19. »

Depuis 1904, des érudits de la Réforme soulignent la découverte capitale de la Réforme de Luther, la Turmerlebnis [l’expérience de la tour] – un événement qu’Ellen White n’a jamais mentionné20. Néanmoins, ils ne s’entendent pas sur la chronologie de cet événement. Certains estiment qu’il s’est produit environ trois ans avant le commencement de la Réforme ; d’autres, qu’à partir de 1518. Plus récemment, des érudits ont soutenu que la perspective réformatrice de Luther pourrait avoir été un processus plutôt qu’un événement isolé, suggérant ainsi que les érudits précédents n’ont peut-être pas rendu justice à son développement complexe entre 1510 et 1520. Ce raisonnement est en harmonie avec l’opinion d’Ellen White de cette expérience. Il se pourrait que Luther lui-même n’ait pas attribué trop d’importance à la Turmerlebnis parce qu’il ne la mentionne qu’une seule fois dans ses écrits (et même cette unique référence date d’environ 30 ans plus tard)21.

En parlant de la réponse de Luther à ceux qui avaient acheté des indulgences de Johann Tetzel (1465-1519), elle écrit : « Seules la repentance et la foi en Jésus-Christ peuvent sauver le pécheur. La grâce, don gratuit de Dieu, ne s’obtenant pas à prix d’argent, Luther conseillait à ses auditeurs non d’acheter des indulgences, mais de compter avec foi sur un sauveur crucifié. Relatant sa douloureuse recherche du salut par les humiliations et les pénitences, il leur assura qu’il n’avait trouvé paix et joie qu’en détachant ses regards de ses propres mérites, pour les porter sur Jésus-Christ22. »

En 1521, alors qu’il se rendait à la diète de Worms, Luther prêcha un sermon à Erfurt, lors duquel il fit une remarque semblable : « Nous sommes sauvés par son œuvre [celle du Christ], et non par les nôtres », et encore, « puisque Dieu nous a sauvés » par son Fils, nous devons vivre en rachetés et manifester un amour désintéressé envers les pauvres. Ellen White qualifie ce sermon de « pain de vie […] rompu à des âmes qui mouraient d’inanition ». Tandis que Luther essayait de présenter Christ en tant que Rédempteur des pécheurs, « il se cachait derrière l’Homme du Calvaire » et « perdait de vue » sa propre personne ainsi que le péril de sa situation23.

 

LA PROVIDENCE DIVINE DANS L’EXPÉRIENCE DE LUTHER

Ellen White était convaincue que Dieu s’intéressait profondément à la destinée de Luther, et que sa providence intervenait activement dans des événements et des circonstances spécifiques de sa vie. Elle croyait que Dieu avait placé des gens dans sa vie pour qu’ils jouent un rôle primordial dans son développement personnel et dans la cause de la Réforme. Selon elle, « Dieu lui suscita un ami secourable en la personne du pieux Staupitz »24. De même, elle percevait la providence divine à l’œuvre lorsque Mélanchthon vint à Wittenberg, parce que lui et Luther se complétaient l’un l’autre et renforçaient la Réforme25.

Même certains ennemis de la Réforme parlaient et agissaient de façons qui ne pouvaient être attribuées qu’à la providence divine, nous dit Ellen White. Ainsi, elle égale l’appel de l’empereur Charles Quint, appel dans lequel il demanda à Luther de présenter ses idées à la diète de Worms en 1521, à l’appel de Dieu26. De façon similaire, l’apparition de Jérôme Aléandre (1480-1542) – « le plus habile [des] orateurs [de Rome] » – à la diète fut orchestrée par Dieu pour soumettre les deux positions à un face-à-face27. En outre, elle croit que Dieu avait agi dans le cœur du duc Georges de Saxe (1471-1539), « un ennemi avéré » de la Réforme, lorsqu’il offrit l’une des critiques les plus éloquentes de la tyrannie papale28.

Ellen White décrit plusieurs expériences comme étant des moyens divins d’éduquer Luther et de poursuivre ses efforts. Ainsi, le découragement dont le réformateur fit l’expérience à Worms fut permis par « Dieu, dans sa sagesse », pour le « préserver […] d’un sentiment de confiance en sa propre force et de témérité devant le danger ». Comme Jacob, il dut lutter avec Dieu, « conscient de son impuissance [absolue] », et se cramponner « à Jésus, son puissant Libérateur »29. On pria Luther de présenter son discours non seulement en allemand, mais aussi en latin. Selon Ellen White, cette autre circonstance était voulue de Dieu. Les princes étaient tellement aveuglés par les préjugés qu’ils n’avaient pu, à la première audition, saisir le puissant raisonnement de Luther ; la deuxième leur permit de le bien comprendre30.

L’enlèvement planifié de Luther pendant son retour de la diète fut, d’après Ellen White, « une voie de salut » divine. En plus de préserver sa vie, Dieu avait en tête des objectifs plus importants. Pour préparer Luther « à fouler d’un pas plus sûr les hauteurs vertigineuses où, si soudainement, il avait été transporté », Dieu le mit « à l’abri de la suffisance et de l’orgueil qui accompagnent souvent le succès » en l’éloignant des appuis humains et des louanges du monde, prévenant ainsi que les efforts de la Réforme ne soient contrecarrés31.

 

LUTHER SE SÉPARE DE ROME

Tandis que sa connaissance de la Bible et du message évangélique s’approfondissait, Luther s’éloigna de plus en plus de l’Église de son enfance. Dans La tragédie des siècles, le premier chapitre d’Ellen White sur Luther s’intitule, fort judicieusement d’ailleurs, « Luther se sépare de Rome ». Il incarne ainsi le thème d’un long processus de dissociation d’avec le système catholique romain. Les chapitres suivants sur la Réforme en Allemagne illustrent le fossé toujours plus grand entre Luther et son ancienne Église. Ellen White révèle que Luther trouva la joie en étudiant la Bible, de même que le soulagement dans le conseil de Staupitz. Et cependant, il fut pendant des années un « fils dévoué de l’Église romaine » et « n’avait aucune intention d’être autre chose »32. Sa visite à Rome en 1510-1511 le rendit plus que jamais conscient qu’il fallait s’appuyer sur les mérites du Christ plutôt que sur les œuvres pour obtenir le salut. Ellen White commente : « Ses yeux étaient dessillés, et cela pour toujours, sur les égarements de la papauté. En détournant son visage de la ville de Rome, il en avait détourné son cœur, et, à partir de ce jour, l’abîme qui l’en séparait devait aller en s’élargissant jusqu’à la séparation complète33. »

Après avoir complété son doctorat en octobre 1512, Luther déclara « hautement que le chrétien ne peut recevoir d’autre doctrine que celle qui repose sur les Écrits sacrés » ; c’était un principe qui « sapait la suprématie du pape »34. Cette résolution ne fit pas de lui un protestant, toutefois, fait remarquer Ellen white, car même s’il avait découvert les « déclarations blasphématoires » de Tetzel en 1517, il était « encore un fervent papiste »35. Et même après son retour de la diète d’Augsbourg en octobre 1518, il restait encore un « fils docile de l’Église romaine, et la pensée de se séparer de sa communion n’avait pas encore effleuré son esprit »36. Sa décision de se séparer à tout jamais de Rome succéda à une lutte intérieure terrible. Cette décision, il la manifesta en livrant au feu la bulle papale en décembre 152037.

Les événements pendant et entourant la diète de Worms au printemps de 1521 (environ deux mois) composent environ un tiers de l’esquisse d’Ellen White de Luther. Si elle accorde une telle importance à cet événement, c’est sans doute parce qu’il provoqua un face-à-face dans le conflit opposant Rome et Luther – les ténèbres et la lumière. Dans ce face-à-face, le caractère et le fondement des deux camps furent révélés plus directement que jamais auparavant. Elle perçoit l’apparition de Luther devant l’empereur Charles Quint, le parti papal, et la noblesse allemande comme une épreuve de force entre les deux camps. Ce fut là un signal du succès de la Réforme : un hérétique condamné se vit non seulement accorder un sauf-conduit, mais reçut même la permis- sion de présenter ses enseignements devant l’assemblée, ne tenant ainsi aucun compte de l’autorité du pape qui, pourtant, venait juste de le condamner38.

En dépit du contraste frappant entre le catholicisme et le protestantisme, Ellen White perçoit néanmoins un paradoxe dans la vie de Luther et celle d’autres partisans de la Réforme. Bien que s’étant détourné de Rome en plaçant sa foi sur l’autorité des Écritures et le salut par les mérites du Christ, il était encore un fervent défenseur du système papal. La messagère du Seigneur voit chaque être humain tiraillé par deux grands principes – l’amour divin qui se sacrifie, qui s’oriente vers les autres, opposé à l’amour égoïste et orienté vers soi. Cette lutte se « poursuit à tous les instants de l’expérience humaine » et incite les êtres humains à choisir un camp ou l’autre39. Au lieu de juger les gens selon « les bonnes ou les mauvaises œuvres occasionnelles », elle souligne la signification de « la tendance générale des paroles et des actions »40. L’exemple de Luther illustre le paradoxe selon lequel certains peuvent être conduits par l’Esprit de Dieu et progresser dans leur compréhension malgré leur loyauté envers un système religieux particulier.

 

CONCLUSION

Chose intéressante, les explications susmentionnées non seulement caractérisent le récit d’Ellen White sur Luther, mais s’harmonisent aussi avec ses écrits en général. D’un bout à l’autre de ses écrits, elle souligne l’autorité des Écritures, le salut par la foi en Christ, et le thème de la grande controverse entre le bien et le mal. Luther a été l’exemple même du réveil et de la réforme. En fait, elle pense que le courage de Luther, alors qu’il prêchait « la vérité présente » en face de l’opposition, est un exemple pour ceux que Dieu appelle à promouvoir « la vérité présente » à la fin des temps. Elle remarque qu’« il y avait, aux jours de Luther, une vérité présente d’une importance capitale, de même qu’il y a une vérité présente pour notre époque ». L’expression « vérité présente » était et demeure hautement significative pour les adventistes, quoique de nombreux lecteurs puissent être surpris d’apprendre qu’Ellen White n’utilise cette expression que deux fois dans La tragédie des siècles, et les deux fois en relation avec Luther41. Le récit d’Ellen White sur Luther illustre la tension entre les deux principes opposés dans la vie de tout individu. Il est, par conséquent, un exemple pour ceux qui se préparent aux événements à venir. L’expérience qui consiste à se cramponner à Jésus et à sa Parole au cœur d’un conflit universel, global, et individuel, n’est pas une expérience uniquement réservée à Martin Luther ou à Ellen White, mais une expérience dans laquelle toute personne est invitée à participer.

De Denis Kaiser, titulaire d’un doctorat de l’université Andrews, professeur adjoint de l’histoire de l’Église au séminaire adventiste de théologie à l’université Andrews, à Berrien Springs, dans le Michigan, et rédacteur en chef de l’annotation des lettres et des manuscrits d’Ellen G. White pour le Ellen G. White Estate, à Silver Spring, dans le Maryland aux États-Unis.
Source https://dialogue.adventist.org/fr/2623/ellen-white-et-son-portrait-de-luther

 

NOTES ET RÉFÉRENCES

  1. Ellen White a décrit l’expérience de Luther dans ses livres Spiritual Gifts: The Great Controversy Between Christ and His Angels, and Satan and His Angels, vol. 1, Battle Creek, MI, James White, 1858, p. 120- 122 ; Testimony for the Church, vol. 9, Battle Creek, MI. Steam Press of the Seventh-day Adventist Pub. Assn., 1863, 16-20 ; dans une série de 20 articles de Signs of the Times, du 31 mai au 1er novembre 1883 ; The Spirit of Prophecy: The Great Controversy Between Christ and Satan From the Destruction of Jerusalem to the End of the Controversy, vol. 4, Battle Creek, MI. Steam Press of the Seventh-day Adventist Pub. Assn., 1884, p. 94-169 ; et The Great Controversy Between Christ and Satan During the Christian Dispensation, éd. rév. et aug., Oakland, CA, Pacific Press, 1888, p. 120-170, 185-210.
  2. George R. Knight, A Search for Identity: The Development of Seventh-day Adventist Beliefs, Adventist Heritage Series, Hagerstown, MD, Review and Herald, 2000, p. 32 ; Woodrow W. Whidden II, The Judgment and Assurance: The Dynamics of Personal Salvation, vol. 4, Library of Adventist Theology, Hagerstown, MD, Review and Herald, 2012, p. 13 ; Denis Fortin, « The Theology of Ellen G. White », dans The Ellen G. White Encyclopedia, éd. Denis Fortin et Jerry Moon, Hagerstown, MD, Review and Herald, 2013, p. 248-255.
  3. Ellen G. White, La tragédie des siècles, p. 131.
  4. Ibid., p. 133.
  5. Ibid., p. 139 ; cf. p. 194.
  6. Ibid., p. 146 ; voir aussi p. 164, 165, 167, 168, 174-177.
  7. Ibid., p. 177.
  8. Ibid. Voir aussi p. 201, 202.
  9. Ibid., p. 194-202.
  10. Ibid., p. 198.
  11. Ibid., p. 201.
  12. Idem., Conquérants pacifiques, p. 332.
  13. Fortin, « The Theology of Ellen G. White », p. 246.
  14. Johann Heinz, « Luther, Martin », dans The Ellen G. White Encyclopedia, éd. Denis Fortin et Jerry Moon, Hagerstown, MD, Review and Herald, 2013, p. 954 ; c’est nous qui soulignons.
  15. White, La tragédie des siècles, p. 131.
  16. Idem., « Martin Luther—His Character and Early Life », Signs of the Times, 31 mai 1883, p. 242.
  17. Voir Ellen G. White, « The Christian’s Refuge », Review and Herald, 15 avril 1884, 241 ; Ellen G. White, « Effectual Prayer », Review and Herald, 22 avril 1884, 257 ; Ellen G. White, « Christ’s Followers the Light of the World », Review and Herald, 13 mai 1884, 306 ; Ellen G. White, « Our Mighty Helper » Review and Herald, 1er juillet 1884, 417.
  18. Idem., La tragédie des siècles, p. 132.
  19. Ibid., p. 133.
  20. Heinz, « Luther, Martin », p. 955.
  21. Martin H. Jung, Reformation und Konfessionelles Zeitalter, (1517– 1658), Basiswissen Theologie und Religionswissenschaften, vol. 3628, Göttingen: Vandenhoeck and Ruprecht, 2012), p. 27, 28 ; Christian Danz, Einführung in die Theologie Martin Luthers, Einführung Theologie, Darmstadt: Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 2013, p. 24-29.
  22. White, La tragédie des siècles, p. 136.
  23. Ibid., p. 160, 161.
  24. Ibid., p. 131.
  25. Ibid., p. 142, 143.
  26. Ibid., p. 154.
  27. Ibid., p. 155.
  28. Ibid., p. 157.
  29. Ibid., p. 165.
  30. Ibid., p. 168.
  31. Ibid., p. 178.
  32. Ibid., p. 131.
  33. Ibid., p. 132.
  34. Ibid., p. 133.
  35. Ibid., p. 136.
  36. Ibid., p. 147.
  37. Ibid., p. 150.
  38. Ibid., Éducation, p. 216.
  39. Idem., p. 150.
  40. Idem., Vers Jésus, p. 88.
  41. Idem., La tragédie des siècles, p. 151.
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