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VIVRE LA VRAIE VIE

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Leçons tirées de Nicodème !

Une vie authentique commence par une renaissance spirituelle et se poursuit avec un abandon total constant à la personne divine et à la puissance du Saint-Esprit.

Au nombre des conversations les plus profondes et significatives du Nouveau Testament, il y a la conversation nocturne entre Jésus et Nicodème (Jn 3.1-21). En étudiant le personnage de Nicodème d’après les détails de cette conversation, nous tirerons des leçons précieuses au sujet de la vie que Dieu désire ardemment pour nous.

Si Nicodème se trouvait dans nos registres d’Église d’aujourd’hui, il passerait pour un adventiste d’excellente réputation. Ce pharisien devait prier et jeûner régulièrement, payer la dîme de tous ses revenus, et observer strictement le sabbat, selon la loi. Comme Paul, il pouvait se déclarer irréprochable à l’égard de la loi (Ph 3.6). En fait, sa vie religieuse aurait certainement de quoi faire rougir de honte un adventiste typique !

Cet homme était, apparemment, vif et actif ; mais au regard du ciel, sa routine religieuse faisait de lui un cadavre ambulant. Vivant par la lettre et non par l’esprit de la loi (2 Co 3.6), pratiquant une religion fondée sur la loi, Nicodème marchait tel un mort vivant – il ne vivait pas vraiment.

Nicodème avait entendu parler de Jésus – peut-être de son miracle aux noces de Cana (Jn 2.1-11), de ses enseignements qui se répandaient telle une traînée de poudre, ou de sa purification courageuse du temple (Jn 2.12-25). Adepte d’un formalisme rigide, ce pharisien sentait pourtant que quelque chose manquait dans sa vie. Se pourrait-il que Jésus ait la réponse à son agitation intérieure ? Mais il ne voulait surtout pas être aperçu en compagnie de ce jeune prédicateur itinérant de Nazareth dont les sermons audacieux et pénétrants semaient déjà la controverse… Étant pharisien, il se devait de prendre des précautions : il décide donc de rencontrer le jeune rabbin de nuit, dans le plus grand secret.

LE SOUFFLE DE VIE

Bien que Nicodème ait entamé la conversation avec cordialité, Jésus ignore sa salutation flatteuse et protocolaire. Entrant directement en matière, il lui dit d’un ton solennel : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu1 » (Jn 3.3).

Voilà qui est absurde ! se dit Nicodème. Une telle déclaration mérite des explications ! « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? répond-il à Jésus. Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? » (Jn 3.4) Jésus réitère la qualification permettant d’entrer dans le royaume de Dieu – un nouveau départ créé par Dieu lui-même. Sa réponse renferme deux éléments présents lors de la création : l’eau et l’Esprit de Dieu (Gn 1.1,2 ; Jn 3.5). Au commencement, Dieu a créé la vie de façon miraculeuse. Or, la transformation intérieure qui procure la vie éternelle et qualifie une personne pour le royaume céleste est tout aussi miraculeuse.

Nicodème pouvait toujours se targuer de son ascendance abrahamique et de son observation zélée de la loi. Néanmoins, Jésus lui fait remarquer que le privilège de sa naissance et ses bonnes œuvres ne suffisaient pas. Ce qu’il lui faut, c’est la nouvelle naissance opérée par le Saint-Esprit (Jn 3.6). Pour pouvoir en faire l’expérience, il doit s’abandonner au « souffle » du Saint-Esprit. Pour devenir un être nouveau et vivre une vie nouvelle selon la perspective divine, il lui faut être rempli du Saint-Esprit, tel le souffle de Dieu dans les narines d’Adam (Gn 2.7).

« Nicodème était venu auprès du Seigneur dans l’espoir de discuter avec lui, mais Jésus exposa les principes fondamentaux de la vérité. Il dit à Nicodème qu’il avait davantage besoin de régénération spirituelle que de connaissances théoriques. Il lui fallait non pas tant satisfaire son besoin de connaissances, mais plutôt obtenir un cœur nouveau. Seule une vie nouvelle, venant d’en haut, pouvait le rendre capable d’apprécier les réalités spirituelles2. » Nicodème – ce « cadavre ambulant » protocolaire, hypocrite – avait besoin, à coup sûr, de la régénération vitale de l’Esprit pour se mettre à vivre réellement.

Une vie authentique commence par une renaissance spirituelle et se poursuit par un abandon total constant à la personne divine et à la puissance du Saint-Esprit. David Steen explique : « La renaissance spirituelle n’a rien à voir avec un changement physiologique. Il s’agit plutôt d’une décision délibérée, mûrie, de nous tourner vers celui qui a été crucifié pour nous. […] Une telle renaissance implique la mort à soi. Nous nous rendons compte que tout le bien que nous faisons pour atteindre le ciel ne fait pas le poids. Par conséquent, nous devons faire volte-face, mettre toute notre confiance en Dieu, et inviter joyeusement le Saint-Esprit à faire son œuvre dans notre cœur. […] Bref, il nous faut passer totalement d’une vie autodirigée à une vie dirigée par Dieu3. »

REGARDER ET VIVRE

Le sens de l’imagerie de la nouvelle naissance (Jn 3.10) semble échapper complètement à Nicodème. Jésus, en bon professeur qu’il est, utilise un récit familier de l’Ancien Testament pour illustrer son véritable besoin (Jn 3.14). Après une merveilleuse victoire sur les Cananéens, les Israélites avaient poursuivi leur trajet vers la terre promise. Oubliant, hélas, que le crédit de leur victoire revenait au Seigneur, ils ont parlé « contre Dieu et contre Moïse : Pourquoi nous avez-vous fait monter hors d’Égypte, pour que nous mourions dans le désert ? » Leurs murmures ont entraîné une invasion de serpents venimeux (Nb 21.1-8). En proie à de vives souffrances, ils reviennent de nouveau à Dieu. Sur l’ordre divin, Moïse fait un serpent d’airain, le place sur une perche, et dit au peuple que quiconque le regarderait vivrait (Nb 21.9).

Ellen White commente : « Ceux qui avaient été mordus par les serpents auraient pu différer de regarder, discuter l’efficacité du symbole d’airain, demander une explication scientifique. Aucun éclaircissement ne fut donné. Il fallait accepter la parole de Dieu telle que Moïse la transmettait. Refuser de regarder, c’était se condamner à périr.

Ce n’est pas par des controverses et des discussions qu’une âme est éclairée. Il faut regarder et vivre. Nicodème comprit et garda la leçon. Dès lors, il sonda les Écritures d’une manière différente, non pas pour discuter une théorie, mais pour vivifier son âme. Il commença de voir le royaume de Dieu parce qu’il se soumit à la direction du Saint-Esprit4. »

Jésus utilise l’épisode du serpent d’airain pour faire comprendre à Nicodème qu’un jour, le Fils de l’homme serait élevé (sur la croix) et que quiconque regarderait au Crucifié ne périrait pas, mais aurait la vie éternelle (Jn 3.15,16). Tout comme les Israélites agonisants avaient trouvé la guérison et la vie en regardant, par la foi, le serpent d’airain, Nicodème trouverait la vraie vie, la vie authentique en acceptant la provision divine pour son salut par la foi en Jésus.

Croire en Jésus, ce n’est pas un simple assentiment de l’esprit ou une croyance doctrinale. C’est une acceptation totale de Jésus en tant que Sauveur et Seigneur, un plein abandon de soi à lui. Croire en Jésus ne doit pas être un événement unique, mais une dépendance continue de lui – une vie constante par la foi en lui (Ga 2.20). La vraie vie se centre sur une relation de foi inébranlable avec Jésus.

VIVRE DANS LA LUMIÈRE

Cette conversation nocturne entre Jésus et Nicodème se termine par le sujet de la lumière et des ténèbres. Jésus fait une claire distinction entre ceux qui aiment les ténèbres et ceux qui vivent dans la lumière (Jn 3.19-21)5. Il voit Nicodème tel qu’il est : un homme dont la quête authentique de la vérité rivalise avec son statut de pharisien, de « chef des juifs » (Jn 3.1). Nicodème aspirait à connaître la vérité du royaume que Jésus enseignait. Mais une lutte, une bataille terrible se livrait dans son cœur en raison de son titre et de son poste de dirigeant du temple : la lumière ou les ténèbres, la vérité divine ou la tradition humaine, Jésus ou le moi ? Comprenant soudain à quel point ces éléments contradictoires surgissaient souvent en lui, Nicodème se retrouve dans la vallée de la décision. En lui présentant cette distinction entre les œuvres des ténèbres et les exigences de la lumière, Jésus lui demande indirectement : « À quel camp choisis-tu d’appartenir ? »

Jésus appelle Nicodème à cesser d’être un disciple en secret – à sortir des ténèbres et à marcher dans la lumière de la vie (voir Jn 8.12). Celui qui vit dans la lumière entre dans la vraie vie. La réaction de Nicodème à cette entrevue nocturne n’est pas consignée dans le récit de Jean 3. « Nicodème ne reconnut pas tout d’abord le Christ publiquement, mais il observa sa vie et pesa ses enseignements6. » Trois ans plus tard, il sort finalement de l’ombre et s’expose à la lumière jaillissant de la croix (Jn 19.38-40). Il n’est plus un disciple secret de Jésus. « Et quand enfin Jésus fut élevé sur la croix, Nicodème se rappela l’enseignement [du Sauveur] […]. Cette entrevue secrète illumina pour lui la croix du Calvaire, et il reconnut en Jésus le Rédempteur du monde7. » Après l’ascension du Christ, il a soutenu l’Église primitive et a subi la persécution avec elle. « Il [devint] pauvre en biens de ce monde ; mais la foi qui [avait] pris naissance en cette entrevue nocturne avec Jésus ne [défaillit] jamais8. » Après s’être abandonné à la direction du Saint-Esprit et avoir mis sa foi en Jésus, Nicodème a pu vivre vraiment.

Sommes-nous comme Nicodème ? Religieux, entièrement engagés envers les rudiments de la religion, et impliqués activement dans de nombreuses activités religieuses, mais totalement dépourvus d’une relation de foi personnelle avec Jésus ? Une vie conduite par la lettre de la loi au lieu de la puissance de l’Esprit est chose courante… Mais voilà, une vie stagnante, une vie caractérisée par la routine religieuse et le formalisme, ne conduit pas à la vie éternelle.

L’histoire de Nicodème est un appel à céder totalement à la puissance transformatrice et à la direction du Saint-Esprit – de celui qui crée et inspire une vie d’obéissance empreinte d’amour pour Jésus. C’est la vie du royaume de Dieu, une vie conçue pour l’éternité, ici et maintenant.

Ikechukwu Michael Oluikpe (titulaire d’un doctorat de l’Institut international adventiste des études avancées, aux Philippines) est chargé de cours à la faculté de théologie et des études religieuses de l’université de Bugema, en Ouganda.

  1. Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910.
  2. Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 152.
  3. David A. Steen, God of Wonders, Review and Herald, Hagerstown, Md., 2012, p. 115.
  4. Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 157.
  5. L’Évangile de Jean présente des contrastes frappants du conflit cosmique : ciel/terre, en haut/en bas (3.12,31), lumière/ténèbres (3.19-21 ; 8.12 ; 9.4,5), croyance/incrédulité (3.18,36), vie/mort (5.24,28,29), Esprit/chair (3.6 ; 6.63), Dieu/humain (1.12,13).
  6. Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 158.
  7. Ibid., p. 159.
  8. Ibid.
PREMIERE RENCONTRE 'GIRLS4CHRIST' AU TESSIN
RÉACTION À L’ATTAQUE TERRORISTE CONTRE UNE MOSQUÉE AU SINAÏ, EN EGYPTE

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