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Suis-je aussi un « Gilet Jaune » ?

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Sûrement comme vous qui me lisez maintenant, je suis choqué et surpris des scènes montrées ces jours derniers à la télévision et surtout sur Internet (moins filtrées) qui révèlent le chaos des manifestations du « Mouvement des Gilets Jaunes ».

Cette mobilisation a commencé par la diffusion sur les réseaux sociaux et Internet d’un appel aux citoyens à manifester, notamment contre l’augmentation du prix de l’essence (environ 23 % pour le diesel et 15 % pour l’essence) et les surcouts engendrés en cascade sur les services très dépendants du précieux or noir. Pour enflammer encore la blessure, il y a ce sentiment que le chef de l’État, Emmanuel Macron, n’écoute pas la population mais favorise les très riches, puisque lui-même vient du milieu financier.

Alors, un mouvement non structuré a surgit un peu partout en France. Depuis le 17 novembre 2018, chaque samedi ont eu lieu des blocages de routes et ronds-points et surtout plusieurs manifestations nationales. C’est justement lors de ces manifestations qu’il y a eu les débordements. On se justifie en déclarant que les casseurs sont responsables, mais le résultat est là : des scènes de guérilla, de violence, des monuments du patrimoine public cassé et même des vies fauchées.

Français d’adoption et pour avoir vécu plus de sept ans à Paris, au cœur de la ville des lumières, j’ai été particulièrement touché par ce qui s’est passé à l’Arc du Triomphe…

Mais en tant que chrétien, comment aborder ces manifestations, les débordements et réactions de l’Etat ? Au fond, même si je ne suis pas dans les rues pour manifester, suis-je aussi un Gilet Jaune ?

La première chose qui me vient à l’esprit, c’est que les guerres sociales ont toujours fait partie de l’histoire de l’humanité, mais selon la Bible, elles devraient s’intensifier. L’humanité est en recherche d’une paix jamais assouvie. Il y a toujours ce sentiment qu’il manque quelque chose, même si n’importe quel Français ou Européen vit mieux que plus de 80 % de la population mondiale. Peu importe où nous soyons, l’être humain est en recherche de quelque chose qu’il n’a pas ! La plupart du temps, cela se passe à un niveau individuel, mais parfois collectivement comme c’est le cas avec les Gilets Jaunes ou bien lors de la Révolution française en 1789, qui a tant changé l’Europe et même le monde.

« Vous allez entendre parler de guerres proches ou lointaines … Le mal deviendra de plus en plus fort. À cause de cela, beaucoup de gens auront moins d’amour. » Matthieu 24 versets 6 et 12.

Quant aux revendications des Gilets Jaunes, dont « Dehors Macron ! », certaines sentences ont beaucoup de sens et font écho chez moi. Une vie moins chère, qu’il n’y ait plus de SDF dans la rue, que les cas de migrations forcées soient traitées, que les demandeurs d’asile soient bien traités, que des emplois soient créés pour les chômeurs… Augmentation des allocations handicapées, limitation de la hausse des loyers, que le référendum populaire entre dans la Constitution. Favoriser le transport de marchandises par la voie ferrée… etc, etc. En tant que citoyen de cette terre et de cette nation, je peux l’entendre et mon plus grand souhait est que tout cela puisse arriver un jour. Là, je me sens un peu « Gilet Jaune ». Mais je me reprends vite parce que la vie réelle est bien plus complexe que les vœux pieux et aspirations qui sont les miens et ceux des manifestants.

La parole de Dieu avait raison.

Je prends par exemple le règne de Josaphat, en Juda, décrit dans la bible entre les chapitres 17 et 20 de 2 Chroniques. Contrairement à certains leaders des temps modernes, c’était un homme bon, qui cherchait la présence de Dieu dans sa vie. « Le Seigneur est avec Josaphat. En effet, celui-ci se conduit comme son ancêtre David s’était conduit tout d’abord. Il ne consulte pas les Baals. Au contraire, il cherche le Dieu de son ancêtre et il obéit à ses commandements. Il ne suit pas l’exemple des habitants du royaume du Nord. Le Seigneur établit solidement son pouvoir royal. » 2 Chr 17 :2-5

Il va entreprendre des profondes réformes dans son royaume, dans l’éducation (2 Chr 17 : 7-8), dans l’économie avec de grandes réserves de nourriture dans les grandes villes (12-13), dans l’armée en mettant en place un contingent de 1 100 000 soldats (14-19), dans la justice en installant des juges partout dans le pays et en leur demandant de faire un travail le plus juste possible (2 Chr 19 : 5-8) et enfin dans les affaires religieuses, avec l’installation des « pasteurs » (prêtres/sacerdoces) un peu partout dans le royaume, pour enseigner la parole de Dieu au peuple.

Mais malgré la bénédiction de Dieu et toutes ces bonnes décisions du « président » Josaphat, cela n’a pas empêché les problèmes et de mauvaises décisions de sa part. Il a d’abord failli perdre la vie en allant faire la guerre à côté du roi Akab contre des ennemis qui n’étaient pas les siens. Au chapitre 17 de ce même livre, le prophète Michée lui demande de ne pas y aller, et il n’obéit pas. C’est grâce à la protection divine qu’il a eu la vie sauve, mais Akab y laissera la sienne comme annoncé par le prophète avant le départ « Si tu reviens en bonne santé, c’est que le Seigneur n’a pas parlé par ma bouche ! » (2 Chr 18 : 27). La parole de Dieu avait raison.

La clef de la victoire

Plus tard, même si « Le Seigneur est avec Josaphat » comme dit plus haut, trois rois vont se mettre ensemble pour l’attaquer. Même avec son armée et son million des soldats, ils ne sont pas assez pour faire face à ces ennemis (2 Chr 20). Par contre, là, il prend une très bonne décision. Au lieu de chercher de l’aide humaine comme le faisaient les rois de l’époque, créant des alliances pour se défendre, il va se mettre totalement entre les mains de Dieu. Le peuple et les soldats sont appelés à se rendre au temple pour prier afin qu’Il puisse agir dans cette situation. Malgré les erreurs des hommes à certains moments de leur vie, la clef de la victoire est dans cette démarche, si étrange pour celui que ne croit pas ; espérer en Dieu et ne pas entrer dans un schéma de violence, même si parfois, dans l’histoire de l’humanité, elle a été nécessaire pour lutter contre le mal. Mais avant d’y arriver, il nous faut d’abord chercher l’intervention divine.

C’est là que je ne me sens pas du tout « Gilet Jaune ». Toute la violence contre les forces de l’ordre, les monuments, les biens privés et publics, ou même contre ceux qui pensent différemment, me font de la peine. Il y a toujours ce verset du prophète Zakarie qui m’inspire pour attendre par la foi l’intervention divine avant la mienne ou celles des mouvements humains. Voici le message du Seigneur de l’univers : « Ce n’est pas par le courage ni par la violence que tu agiras, mais c’est par mon esprit. » Zakarie 4 :6

Dans sa détresse, Josaphat prie devant le peuple pour que Dieu agisse avant qu’ils n’emploient la force pour se défendre. J’imagine quelques braves soldats bien déterminés et confiants se disant qu’en fin de compte la différence se ferait dans la bataille avec la force et le sang. Pourquoi le Roi devait-il s’humilier devant son peuple pour demander à Dieu de l’aide s’Il pouvait les aider en leur donnant plus de force et de bravoure pour battre les ennemis ? Espérer en Dieu ou espérer dans la force que Dieu donne dans la violence de la guerre ?

La réponse ne s’est pas fait attendre. Par la bouche d’un prophète le message est le suivant : « Vous, habitants de Jérusalem et tous les autres Judéens, et surtout toi, roi Josaphat, écoutez bien ! Voici ce que le Seigneur vous dit : “N’ayez pas peur, ne soyez pas effrayés devant cette immense armée. Le résultat du combat ne dépend pas de vous, mais de moi, votre Dieu… Vous n’aurez pas besoin de combattre contre eux. Habitants de Jérusalem et de Juda, tenez-vous là, arrêtez-vous, et regardez comment moi, le Seigneur, je vous délivrerai. N’ayez pas peur, ne soyez pas effrayés ! Demain, allez à leur rencontre, et moi, le Seigneur, je serai avec vous.” » 2 Chr 20 : 15-17. Sans avoir besoin de sortir leur l’épée, Dieu a donné la victoire à son peuple. Je vous encourage à lire tout ce chapitre 20.

Cela paraît insensé en plein XXIème siècle de dire une telle chose. Mais je pense que ce même Esprit est là est nécessaire aujourd’hui. Nous aspirons tous à un monde meilleur, mais la vraie vie n’est pas ici. Elle commencera avec la vie éternelle comme Jésus l’a promise. Entre temps, j’imagine Dieu nous dire simplement : vous aurez des soucis, vous souffrirez des injustices et vous aurez envie d’un monde plus équilibré, mais ne vous effrayez pas, soyez patient car au milieu des difficultés, je serai avec vous.

Dans ces temps troublés qui nous vivons, notre principale mission n’est pas d’aller casser pour protester pour un monde meilleur, même si certaines revendications sont très justes. Pour moi, c’est faire le meilleur possible autour de nous avec ce que l’on a tout en accomplissant la mission qui nous a été confiée par le Christ. Comme l’a dit Ellen White, une auteur que j’apprécie, « Il nous faut maintenant utiliser tous les moyens qui nous sont confiés pour donner au monde le dernier message. Pour cette œuvre, il nous faut préserver notre individualité. Abstenons-nous de nous unir à des sociétés secrètes ou à des syndicats ouvriers. Soyons des hommes libres en Dieu, regardant constamment au Christ pour recevoir ses directives. Tous nos mouvements doivent être déterminés par le sens de l’importance de l’œuvre qui doit être accomplie pour Dieu. — Testimonies for the Church Chap. 7 page 84.

Est-ce que je me sens « Gilet Jaune » ? Oui et non !

Oui, je veux un monde meilleur et plus juste !

Non, je ne pense pas que c’est à travers la violence que nous arriverons à des résultats probants. Il y a la démocratie, le dialogue et surtout la foi et confiance en Dieu qui nous a promis :

Mais celui qui met sa confiance en moi et qui s’appuie sur moi, moi, le Seigneur, je le bénis. Il ressemble à un arbre planté au bord de l’eau, qui étend ses racines vers une rivière. Quand la chaleur arrive, il n’a peur de rien, ses feuilles restent toujours vertes. Même une année de sécheresse ne l’inquiète pas, il porte toujours des fruits. Jérémie 17 :7-8

Je crois que la parole de Dieu aura encore une fois raison.

Rickson Nobre est le responsable de communications à la Fédération des Églises Adventistes du 7ème Jour en Suisse Romande et au Tessin.

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