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LE RACISME C’EST DE L’ATHÉISME

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« Rouges et jaunes, noirs et blancs, [nous sommes] tous précieux à Ses yeux. »

Parmi bon nombre d’histoires politiques de ces dernières années, une des nuances les plus récurrentes et pas si subtiles a été le racisme. Une grande partie de cela se relie avec une sorte de christianisme politisé et conservateur qui est profondément préoccupant. Et cela semble trouver des promoteurs et des supporteurs même dans notre église.

Au sens où nous l’entendons aujourd’hui, le concept de race a essentiellement été une création et un outil de la colonisation européenne qui s’est développée du XVème jusqu’au XXème siècle et qui a intéressé environ 85% du monde. Et, bien sûr, il y avait des théologiens prêts à offrir leur soutien idéologique à ces projets impériaux en conjonction avec leurs activités missionnaires[1].

C’était la justification pour l’occupation, l’esclavage et l’exploitation de beaucoup d’enfants. En tant que tel, le racisme est l’une des bases sur lesquelles le monde a été construit et continue à coloniser nos sociétés, nos politiques, nos comportements et même notre foi, afin que les aspects raciste soient profondément enracinés, répétés, insidieux et toujours plus ouverts.

Mais c’est l’un des aspects les plus pernicieux du privilège des blancs le fait que les dynamiques de la race sont souvent ignorées, au moins par les personnes blanches. Ma race n’est pas quelque chose que je dois considérer dans mon quotidien. Les chrétiens ne sont pas en train de se soulever contre la vague du racisme de nos société et cela relève les points aveugles de la théologie : « Ce qui est invisible aux chrétiens blancs et à leurs théologiens est au contraire inévitable pour le peuple noir. »[2]

Si l’on croit véritablement à la création (le fait que Dieu a fait l’homme à Son image) et à l’incarnation (l’identification de Dieu dans l’un des pauvres, des réfugiés, des opprimés, des assassinés, qui a tracé un chemin de salut pour tout le monde), nous dévons écouter, apprendre et parler ou nous risquons de perdre notre foi.

En écrivant dans le contexte des préjugés raciaux, comme l’un des ceux qui ont marché avec Martin Luther King dans les années 60, le rabbin Abraham Joshua Heschel a soutenu que ce préjugé était l’athéisme, « une redoutable négation de l’existence de Dieu. » Autrement dit, le préjudice nie toute prétention de vouloir croire en un Dieu qui affirme avoir créé tous les hommes à Son image. Heschel continue disant que « le fanatisme racial ou religieux doit être reconnu pour ce qu’il est : satanisme, blasphème […] La prière et le préjudice ne peuvent pas exister dans le même cœur. L’adoration sans la compassion est pire que l’auto-illusion; c’est une abomination. »[3]

Énoncé en ces termes directs, l’urgence théologique et morale de la mission de combattre et vaincre le racisme ne peut pas être ignoré. Il est important la manière dont nous agissons et réagissons au niveau politique et dans nos sociétés et comment notre église et ses programmes sont structurés, conduits et rendus accessibles et accueillants envers tous. Il est aussi difficile apprendre à mieux écouter les personnes qui sont différentes de nous et répliquer à la blague raciste ou au post sur les médias sociaux d’un ami.

« LA PRIÈRE ET LE PRÉJUDICE NE PEUVENT PAS EXISTER DANS LE MÊME CŒUR. L’ADORATION SANS LA COMPASSION EST PIRE QUE L’AUTO-ILLUSION; C’EST UNE ABOMINATION. »

En citant la transformation que une bonne compréhension de l’évangile amène, comme le souligne Paul (Galate 3:28), Ellen White aussi reconnaît l’appel positif à l’écoute, à l’action et au soin (et non, le fait de dire que nous ne sommes pas d’accord face à ces différences de religion ne nous libère pas de nos responsabilités) : « Quelle que soit la religion d’un homme, son cri de détresse ne doit pas rester sans réponse. […] Ils ont été rachetés à un grand prix et sont aussi précieux que nous à Ses yeux. Ils sont membres de la grande famille divine. En leur qualité d’économes du Seigneur, les chrétiens sont responsables d’eux. »[4]

Le racisme pourrait être la plus commune forme d’athéisme parmi les chrétiens d’aujourd’hui. Quand nous rejetons, dévaluons, excluons, marginalisons et opprimons les autres, nous nions notre commun Créateur et Sauveur. Cette triste prise de conscience devrait changer la façon avec laquelle nous écoutons et parlons, ce que nous postons sur les médias sociaux, comment nous votons, adorons, pensons et travaillons.

De Nathan Brown

Source : https://record.adventistchurch.com/2017/04/21/racism-is-atheism/

Traduit par Tiziana Calà

[1] Pour d’autres informations sur cette histoire théologique voir Willie James Jennings, The Christian Imagination: Theology and the Origins of Race, Yale University Press, 2010.

[2] James Cone, The Cross and the Lynching Tree, Orbis Books, 2011, page 159.

[3] Abraham Joshua Heschel, The Insecurity of Freedom: Essays on Human Existence, Farrar, Straus and Giroux, 1966, pages 86-87.

[4] Ellen White, Christ’s Object Lessons, pages 386-387. [Les paraboles de Jésus, pages 289-290]

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