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« Je n’étais personne, mais cette école m’a donné un Dieu, des vêtements, de la nourriture et une femme »

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Un dirigeant d’église réfléchit sur sa vie et sur les bienfaits de l’éducation adventiste.

Il y a quelques temps, alors que je me promenais sur les chemins d’un campus adventiste avec un dirigeant d’église, il s’est soudain tourné vers moi. « C’est mon alma mater », a-t-il dit. « Vraiment ? Dites-m’en plus ». Voilà ce qu’il a partagé avec moi.

Dans mon enfance, je ne me souviens pas avoir eu de contact avec des chrétiens. Dans mon village, de tous les gens que je connaissais, aucun n’était chrétien. Pour autant que je m’en souvienne, les chrétiens étaient y ouvertement méprisés, et la simple idée de parler à un chrétien était fortement déconseillée.

Un jour, cependant, ma mère a commencé à remarquer quelque chose d’étrange. Notre voisine, qui se promenait habituellement chez elle avec la porte d’entrée toujours ouverte, semblait disparaître une fois par semaine ; le samedi, pour être précis. Ma mère l’a approchée pour savoir ce qui se passait.

« J’ai accepté Jésus », a-t-elle confié. « Je lis la Bible et j’ai découvert le sabbat, le septième jour ».

Ma mère lui a dit qu’elle voulait en savoir plus. Apparemment, notre voisine avait également partagé ses nouvelles croyances avec l’autre voisine, et bientôt les trois femmes ont commencé à se rencontrer pour adorer le Seigneur en secret. Ce n’est que plusieurs mois plus tard qu’elles se sont senties suffisamment en sécurité, prêtes à contacter un pasteur adventiste. Le pasteur est venu et a prié avec elles.

« Je vous emmènerai dans un autre village pour vous faire baptiser », a annoncé le pasteur. « Il n’est pas nécessaire que quelqu’un le découvre ».

Et c’est ce qu’il a fait.

 

La promesse de l’éducation

Un jour, un autre pasteur est venu rendre visite à ma mère.

« Laisse-moi emmener ton fils dans une école adventiste », a-t-il dit à ma mère. « Il y aura une belle vie ».

La partie la plus difficile a été de convaincre mon père, qui n’était pas chrétien, de me laisser partir. Il a fallu plusieurs discussions et de nombreuses prières de ma mère pour obtenir son approbation. Mais au final, il a donné son autorisation.

Je n’avais que neuf ans quand j’ai commencé à fréquenter une école adventiste du septième jour. Au début, je faisais la navette tous les jours, mais en deuxième année, mes parents m’ont permis d’aller en internat. J’étais tellement excité !

Je n’avais pas d’argent pour payer l’école, mais le pasteur m’avait dit que je pouvais travailler chez lui tous les jours après les cours.

« Si tu fais ton travail, je paierai tes frais de scolarité », a-t-il dit. Ainsi, chaque jour, après les cours, je courais chez le pasteur pour aller chercher et apporter de l’eau, arroser les plantes et faire toutes les autres courses qu’il me demandait.

 

Un prix à payer

Quand j’ai terminé le lycée, mon père espérait que je revienne à la maison pour travailler. Il était furieux quand je lui ai dit que je continuerais à étudier à l’université adventiste, dans une autre ville. « Maintenant, tu seras complètement seul », m’a-t-il lancé à la figure.

Je suis arrivé à l’université avec peu d’argent et seulement un vêtement de rechange. Chaque vendredi, je lavais mes vêtements, et le soir même, je les mettais sous mon oreiller. C’était ma façon de les repasser avant de les porter à l’église le lendemain matin. Ensuite, je les portais toute la semaine, jusqu’à la lessive du vendredi suivant.

Au milieu de mes difficultés financières, j’ai connu la bénédiction du colportage. La vente de livres chrétiens en porte-à-porte m’a permis de payer mes frais de scolarité. J’ai fini par obtenir un diplôme et, des années plus tard, une maîtrise.

De retour à la maison, ma famille m’ignorait complètement, sauf ma mère, qui continuait à prier pour moi. Le reste de ma famille ne voulait pas que j’aille dans ma ville natale pour les occasions spéciales. Ils faisaient n’importe quoi pour m’empêcher d’assister aux mariages familiaux, aux funérailles ou à tout autre rassemblement ou célébration. À leurs yeux, j’étais un « intouchable », un paria. Quand je réussissais à leur rendre visite, ils me traitaient avec antipathie et indifférence. Ils ne me laissaient même pas boire de l’eau dans les mêmes verres !

 

Dieu a continué à agir

Mais Dieu a continué à agir. Connaissant ce contexte, je pense que tout ce que je suis, je le dois à l’éducation adventiste. Je n’étais personne, mais cette école m’a donné un Dieu, des vêtements, de la nourriture et une épouse. D’abord à mon épouse et moi-même, puis à mes enfants, cette école a ouvert les portes à une vie de service.

Dieu n’a jamais abandonné ma famille. Plus de quarante ans après mon départ pour l’internat, je peux louer Dieu pour sa grande intervention. Deux de mes sœurs et leurs enfants ont été baptisés. Dans mon village, 15 autres personnes ont été baptisées, et maintenant il existe là-bas une congrégation adventiste.

Mes enfants et petits-enfants ont également fréquenté des écoles adventistes et maintenant ils servent le Seigneur et l’Église dans différents endroits, chacun selon ses talents. Ils ont grandi et se sont mariés : 10 familles au total au service du Seigneur !

Ma mère est encore en vie et nous nous parlons souvent au téléphone. Je ne peux pas imaginer ce que je serais devenu sans ses ferventes prières et les bénédictions de l’éducation adventiste. Je peux témoigner que ces deux choses ont vraiment fait une différence dans ma vie !

 

*Les noms des personnes et des lieux ont été délibérément omis.

 

À partir des propos faits à Marcos Paseggi, Adventist Review
Source https://www.adventistreview.org/i-was-nothing-but-this-school-gave-me-a-personal-god-clothes-food-and-a-wife
Traduction : Tiziana Calà

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La revue officielle de la Fédération des Églises Adventistes du Septième jour de la Suisse romande et du Tessin.

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