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En mémoire de Gabrielle Weidner

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L’article à la une du numéro du 25 juillet 2013 de la Revue Adventiste présentait Gabrielle Weidner. Son frère, Jean Weidner, est devenu un héros de la Seconde Guerre mondiale en aidant à sauver de nombreux Juifs d’une mort certaine. Ila également offert des moyens de s’en sortir aux aviateurs alliés et à d’autres personnes en danger en raison de leur race ou de leur foi. Tout cela grâce à ce qui est devenu connu sous le nom de Dutch-Paris, le réseau souterrain très efficace qu’il a fondé.

> Lire “Collonges-sous-Salève : Jean et Gabrielle Weidner, justes parmi les nations

Après des recherches minutieuses, l’auteur de l’article, Wilona Karimabadi, a raconté en détails l’histoire touchante de Gabrielle, en se concentrant sur la dernière année de sa vie. Gabrielle était en quelque sorte liée à Dutch-Paris, bien que son rôle précis ne soit pas connu. Karimabadi rapporte cette possibilité : selon certains récits, Gabrielle a agi « comme une messagère, relayant les messages de Jean aux autres membres du réseau ». Pendant cette période, elle a également été secrétaire au siège de l’Union du nord de la France, à Paris, où elle a vécu.

En février 1944, la police française a livré à la gestapo une jeune femme membre de Dutch-Paris. Allant à l’encontre des règles strictes du réseau, elle portait un carnet avec les noms et adresses de plusieurs membres de Dutch-Paris. Sous une torture insupportable, elle a révélé de nombreuses informations, ce qui a conduit à l’arrestation de nombreux membres du réseau. Gabrielle a été arrêtée le dernier sabbat de ce mois-là alors qu’elle était à l’église.

Elle a été détenue dans une prison en France jusqu’à son transfert à Romainville, vers le 14 août. La libération de Paris étant imminente, on espérait qu’elle serait bientôt libérée. Mais son odyssée a pris un tournant dramatique. Avec de nombreux autres prisonniers, elle fut emmenée dans un camp de concentration en Allemagne dans le dernier train à bestiaux, habituellement choisi pour cet objectif. On lui enleva ses vêtements, ses chaussures et sa couverture, et on lui remit une chemise et une robe de prisonnier : de piètres défenses contre le froid. La nourriture de la prison était misérable. Fin octobre, elle fut transférée dans un dernier camp, à Königsberg. En raison de son mauvais état de santé, le 18 novembre, elle fut définitivement transférée à l’infirmerie.

Malgré ses souffrances, elle encouragea ses compagnons par sa patience, son absence de plaintes, ses doux sourires et sa foi évidente. Au début du mois de février 1945, à l’approche des troupes russes, on espérait que la liberté était enfin à portée de main. Les gardiens de prison sont partis, mais les troupes SS en retraite ont massacré la plupart des déportés et mis le feu au bâtiment dans lequel Gabrielle et d’autres prisonniers malades avaient été laissés.

Elle fut la dernière personne à être secourue, par un jeune ami proche, mais il était trop tard. Peu de temps après, probablement le 13 février, Gabrielle est décédée dans les bras de cet ami. Elle a été enterrée – l’une des rares prisonnières à avoir ce privilège – mais sa tombe a été perdue.

Cependant, on se souvient de Gabrielle sur une pierre tombale du terrain de la famille Weidner située dans le cimetière de Gland, en Suisse. Son nom est gravé sous celui de son père, avec les dates clés de leurs vies respectives et leurs médaillons (1). En bas, cette déclaration de son Sauveur est citée : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner votre vie pour vos amis. » (Jean 15.13).

L’exemple effacé et sacrificiel de Gabrielle, qui a fidèlement suivi son Maître, agissant comme une chrétienne cohérente coûte que coûte, mérite d’être rappelé et honoré, comme symbole des innombrables inconnus qui sont les héros de ces événements historiques.

 

(1) Par erreur, l’année de sa naissance est inscrite sur la pierre tombale de son père comme étant 1915, mais des documents officiels confirment que 1914 est la bonne année.

Photos : 1. couverture de la Revue Adventiste ; 2. Gabrielle Weidner ; 3. pierre tombale de Jean Weidner et de sa fille Gabrielle.

De Pietro Copiz, ancien directeur du Département de l’Éducation de l’EUD
Source : https://news.eud.adventist.org/en/all-news/news/go/2014-08-17/the-centennial-of-gabrielle-weidner/
Traduction : Tiziana Calà
Photos : Adventist Review et Pietro Copiz

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