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La proximité des valeurs de l’islam et de l’adventisme

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C’était le premier jour de notre séjour de dix semaines dans le secteur palestinien de Jérusalem. L’école dans laquelle j’enseigne organise tous les printemps un voyage d’études au Moyen-Orient. L’école où nous devions séjourner était située dans une belle enceinte à quelque cinq minutes de la porte de Damas dans la vieille ville. C’était mon premier voyage dans cette partie du monde et j’étais enthousiaste.

En tant qu’accompagnateur, je me suis installé sur le siège avant, à proximité du chauffeur, un Palestinien musulman, génial et efficace. Nous avons roulé vers les collines à l’est de Jérusalem puis nous sommes descendus sur la route de Jéricho en direction de la Mer Morte. Tout au long du voyage, le chauffeur et moi avons échangé sur les tentes des bédouins près desquelles nous passions, sur l’extrême sécheresse de la campagne, sur l’histoire du bon Samaritain et sur les observations qu’il a faites au cours des années où il a conduit des groupes vers Massada, Qumran (où les rouleaux de la Mer Morte ont été découverts) et Jéricho. Il était surpris par mon intérêt à photographier la police palestinienne (l’autonomie palestinienne à Jéricho venait juste de commencer) et, parce que je le lui avais demandé, il nous conduisit à la demeure de Yasser Arafat.

À la fin de la journée, alors que le bus vrombissait sur le retour vers Jéricho, le chauffeur m’a stupéfié par une question que je n’ai pas vue venir.

« Êtes-vous vraiment Américain ? »

« Oui », lui répondis-je, m’interrogeant sur le sens de sa question.

« Alors, comment se fait-il que vous ne soyez pas chrétien ? »

Tout d’abord, je me sentis offensé. Comment pouvait-il dire une telle chose ? Je contestais son jugement, mais il me prit à rebours et me dit : « Vous n’avez rien d’un chrétien, vous êtes un meilleur musulman que moi. »

Peu après, nous sommes arrivés au centre d’accueil de Jérusalem Est et nous n’avons pas pu, malheureusement, continuer la conversation.

Au cours des semaines qui ont suivi, j’ai fait de nombreuses expériences similaires. Je n’ai jamais passé une heure avec un musulman, sans qu’il ne me pose les deux mêmes questions :

« Vous êtes un Américain, n’est-ce pas? »

« Alors comment cela se fait-il que vous ne soyez pas chrétien ? »

Les marqueurs

Avec le temps, j’ai commencé à comprendre pourquoi ils étaient arrivés à cette conclusion. Au Moyen-Orient, plusieurs traits caractéristiques, ou marqueurs servent à distinguer les musulmans des chrétiens. Ces marqueurs sont indifféremment acceptés par les uns comme par les autres et ils définissent clairement chaque groupe.

Le premier de ces marqueurs ? L’alcool. Si vous entrez dans une épicerie d’un secteur arabe et qu’elle vend de l’alcool, c’est qu’elle est tenue par un chrétien; s’il n’y a pas d’alcool, par un musulman.

Un second marqueur clé ? Le porc. Au Moyen-Orient, un bon musulman n’en mange pas. En fait, si un musulman se convertit au christianisme, la façon de démontrer à l’évidence ce changement à sa famille et à ses amis, c’est de boire un verre de vin et de manger du porc en leur présence.

Un troisième marqueur clé ? Le vêtement. Si vous entrez dans une agence de voyages arabe et que les employées sont vêtues à la dernière mode occidentale, vous savez que l’agence est chrétienne; si elles sont vêtues plus modestement, vous pouvez être assuré que l’agence est musulmane.

Maintenant, on pourrait dire que ces différences sont relativement banales, mais cette réaction révèle notre parti pris occidental. Faites-moi confiance, ce ne sont pas des questions secondaires au Moyen-Orient. Elles sont considérées avec soin comme des marqueurs, largement reconnus et acceptés. Les chrétiens et les musulmans les connaissent bien et y sont très attentifs pour savoir de quel côté vous vous trouvez.

Un terrain d’entente

Ainsi, parce que je suis adventiste, je puis maintenant comprendre pourquoi certains musulmans étaient perplexes à mon sujet. En fait, j’ai appris que les éléments communs entre musulmans et adventistes sont plus profonds que ces simples questions. Je commence à croire que Dieu a soigneusement formaté le message adventiste pour en faire un pont entre le monde musulman et le monde occidental de la fin des temps.

Permettez-moi de vous donner un important exemple.

À la fin de votre vie, que considérez-vous comme ayant une grande valeur ? Si vous étiez à l’article de la mort et que vous jetiez un regard sur votre passé, qu’est-ce qui serait important pour vous ? Souhaiteriez-vous avoir manipulé plus de jeux vidéo ? Regretteriez- vous de n’avoir pas assisté à plus de spectacles ? De n’avoir pas fait usage d’alcool ou de drogues ? De n’avoir pas passé plus de temps à suivre la vie des gens riches ou célèbres ?

À la fin de la vie, face à la mort, l’attention se porte sur ce qui est vraiment important. Tout le faste, le prestige et autres bagatelles apparaissent pour ce qu’ils sont, tandis que le vrai sens de la vie et ses priorités occupent l’attention. Alors que la fin de la vie approche, les petites choses passent au second plan et deux choses primordiales s’imposent : la première est la relation qu’on a pu avoir avec Dieu (ou le manque de relation). La seconde est le bilan de sa vie, les choix que l’on a faits et le type de caractère que l’on a manifesté.

Il est intéressant de noter que ces deux points sont au centre de la foi islamique. Pour l’Occident chrétien, l’Islam semble souvent oppressif, dépassé, une forme violente d’un paganisme légèrement voilé. Cependant, l’Islam est une foi profondément spirituelle qui donne du sens à la vie de millions de gens. Plus encore, il existe une relation profonde entre les valeurs fondamentales de l’Islam et celles de l’adventisme du septième jour.

La foi adventiste et la foi musulmane sont toutes deux orientées vers la fin des temps. Nous vivons notre vie avec la conscience du jugement dernier et de notre responsabilité à l’égard de nos pensées et nos actes. Nous sommes assurés que Dieu occupe la place centrale dans le grand conflit cosmique, et que notre caractère est la seule chose que nous pourrons emporter dans l’éternité. Fondamentalement, les adventistes et les musulmans partagent une perspective commune concernant le sens ultime de la vie.

Soyez vous-mêmes

Récemment, un gouvernement islamique a demandé à une institution adventiste d’organiser une conférence sur la spiritualité et l’approche globale de la personne comme partie intégrante de l’exercice de la médecine dans les pays islamiques. La requête a engendré pas mal de préoccupations de la part des responsables de l’institution. Comment pourraient-ils approcher les questions de la foi adventiste dans un pays fermé à l’évangélisation ? Devaient-ils cacher en partie leurs convictions religieuses pour satisfaire à la requête ?

Un médecin musulman qui était né et avait grandi dans ce pays particulier et qui résidait maintenant près de l’institution fut invité à faire partie du comité d’organisation. Quand il prit connaissance des préoccupations, il resta silencieux, cherchant sa voie dans cette situation peu commune. Mais après quarante-cinq minutes de discussions environ, il leva la main et déclara :

« Je ne pense vraiment pas que vous devez vous inquiéter sur ces questions », dit-il. « Tout musulman qui connaît les adventistes du septième jour sait que de toutes les autres religions, l’adventisme est la plus proche de l’Islam. Vous êtes comme nos cousins spirituels. Allez de l’avant et faites des plans pour cette conférence comme vous le feriez pour toute autre. Soyez simplement vous-mêmes et vous serez les bienvenus dans mon pays. Les valeurs adventistes auxquelles l’université est attachée, valeurs que je connais par ma propre expérience avec vous, connaîtront un profond écho, n’importe où, auprès des musulmans. Nous avons besoin de la perspective sur toutes les dimensions de la personne que vous nous apporterez. »

Il y a certainement des différences significatives entre adventistes et musulmans. Nous le savons tous. Mais quand des adventistes approchent des musulmans sur les besoins spirituels communs, la rencontre peut conduire les deux parties à une appréciation plus  profonde de ce qui est important dans la vie devant Dieu. Les adventistes seront enthousiastes de découvrir que d’autres trouvent édifiantes certaines de leurs vues particulières et seront souvent inspirés par le sens du devoir et de la discipline spirituelle de nombreux musulmans. Les musulmans, en retour, se sentent réconfortés de voir que leurs valeurs essentielles trouvent un écho chez des gens vivant dans un contexte occidental et sont encouragées par l’assurance que les adventistes trouvent en Jésus alors qu’ils se préparent pour le jour du jugement.

Si vous lui donnez ne serait-ce qu’une petite chance, une telle affinité spirituelle peut être la base d’une belle amitié, qui peut elle-même ouvrir la porte au témoignage. Ainsi, la prochaine fois qu’un musulman me demandera si je suis chrétien, je n’en serai pas offusqué. J’y verrai une belle occasion de faire part de ma foi à quelqu’un qui en partage déjà une partie avec moi.

LARRY OWENS (pseudonyme). Publié sur Ministry, reproduit avec autorisation.

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