Alors qu’il attend un vol depuis Chicago, Micheal Goetz, pasteur de l’église Campion, observe des voyageurs au comptoir du service à la clientèle de la United Airlines. Ils tentent de négocier d’autres vols après avoir raté ou annulé le leur. Les files d’attentes sont longues, et le personnel de la compagnie aérienne, très occupé. Il remarque ensuite des jeunes portant des t-shirts jaune vif de la United Airlines. Ils vont et viennent le long des files d’attente, demandant aux voyageurs s’ils ont des questions ou s’ils désirent des clarifications. Même s’ils ne sont pas en mesure de résoudre la plupart de leurs problèmes, ils peuvent faire de leur mieux pour les aider et les écouter. À partir de son observation, Micheal Goetz en arrive à la conclusion suivante :

  1. Ces jeunes sont clairement identifiés en tant que membres de l’équipe de la United Airlines. Cette compagnie aérienne « possède » les jeunes, et les jeunes éprouvent un sentiment d’appartenance à la United.
  2. Bien qu’ils ne prennent pas de décisions corporatives, ne pilotent pas d’avion, ni n’ajustent les plans de vol, ils apportent leur contribution et considèrent un avenir possible au sein de cette compagnie aérienne.
  3. Même si ce qu’ils font ne semble pas avoir un impact majeur, ils semblent appréciés des clients. Par conséquent, ils jouent un rôle important dans l’efficacité générale de la United Airlines.

Ce modèle d’entreprise frappe Micheal Goetz, car il est parallèle à l’objectif de l’Église : discipuler les jeunes. Comme l’Académie Campion, à Loveland, au Colorado, est située à côté de l’église Campion, Micheal peut envisager une entière collaboration du campus qui, par le mentorat, procurera aux jeunes un
« sentiment d’appartenance » à leur église.

 

Embrasser la vision

Micheal Goetz, ainsi que Don Reeder, directeur de l’académie, et d’autres encore, procèdent à un brainstorming pour trouver des façons de renforcer le discipulat des étudiants. Ces jeunes, croient-ils, doivent être formés par le biais de mentors. Il faut aussi leur donner des occasions de « s’approprier » leur église locale. Ils échafaudent alors un plan pour « équiper les jeunes adventistes en tant que dirigeants dans leur église et en tant que missionnaires de l’Évangile partout où ils vont ».

Ils font d’abord appel aux membres du personnel de l’académie, leur demandant d’encourager les étudiants à participer aux services de l’église chaque semaine. Ensuite, les doyens du dortoir des garçons recrutent des étudiants pour former une équipe affectée au stationnement le sabbat matin. Ces étudiants accueillent les arrivants, leur désignent un endroit où garer leurs voitures, les aident à transporter la nourriture pour le repas en commun, et leur fournissent, au besoin, un parapluie. Ils jouent, indubitablement, un rôle important dans l’hospitalité exercée par l’église.

 

La croissance du programme

Aujourd’hui, l’église Campion et l’Académie Campion œuvrent plus que jamais de concert pour « encourager la croissance d’une génération qui sait comment établir des liens avec une église locale, s’impliquer, et se joindre à la mission », explique Rob Carlson, aumônier de l’Académie Campion.

Mais cette église ne se limite pas au service dans le stationnement. Les dirigeants ont identifié de nombreuses autres possibilités – depuis l’accueil jusqu’à la musique, l’aide dans les classes de l’École du sabbat (EDS), le rôle de placeur, et plus encore. À l’académie, les professeurs de Bible demandent maintenant aux étudiants de faire au moins 10 expériences d’implication ou de service à l’église pendant l’année scolaire, pour qu’ils trouvent de multiples façons de s’approprier leur église.

« Habituellement, je m’occupe de la louange et de l’adoration. Mais j’ai d’abord commencé à servir dans le terrain de stationnement », dit Ashley Halvorsen, un étudiant de seconde année. « Ce que j’aime surtout, c’est m’occuper de la louange ou jouer du violon. Même si le cours de Bible ne l’exigeait pas, je continuerais à jouer pendant le service. »

Le succès du programme dépend en partie des membres d’église qui désirent servir de mentors aux ados. Carey Jordan dirige la classe junior de l’EDS avec l’aide d’un noyau d’étudiants de Campion. Elle compte aussi sur des étudiants pour diriger le moment de louanges et enseigner la leçon chaque semaine.

« En sachant qu’ils vont être là, je peux leur confier une responsabilité », explique-t-elle. D’autres départements sont également désireux de se lancer dans le mentorat. Par exemple, les anciens expliquent aux jeunes comment appeler la congrégation à adorer, et le pasteur en charge du culte répète les chants de louange avec les étudiants musiciens.

James Freeman, un étudiant en secondaire, s’occupe des caméras et du système de son lors des services à l’église. « Ils m’ont formé, explique-t-il. C’était pour moi un travail totalement nouveau. Ce ne sont pas seulement les adultes qui dirigent le programme, et ça, c’est vraiment cool. Ils permettent aux ados qui sont bons là-dedans de les aider. »

« J’aime beaucoup cette église ! » dit Celine Lumowa. Pendant sa dernière année de secondaire, elle a dirigé l’une des équipes de louange lors des services religieux et des vêpres hebdomadaires.
« Elle nous a permis de nous impliquer. »

« Ici, on ne fait pas qu’aller à [l’église], ajoute Logan Carle, étudiant de dernière année et joueur de cornemuse pendant le moment de louange. On en fait partie ! »

 

Collaborer en vue de la mission

« L’école et l’église aspirent à travailler ensemble, dit Rob Carlson. C’est vraiment excitant de faire partie d’une telle équipe ! »

Rob Carlson travaille avec le comité de la vie spirituelle, lequel inclut le directeur de l’Académie Campion, le directeur de l’École adventiste H. M. S. Richards, et les professeurs de Bible. Les membres de ce comité se rencontrent tous les mois pour fixer des objectifs spirituels et les mettre en œuvre. Don Reeder les encourage à se focaliser sur l’objectif de l’éducation adventiste : soutenir la mission de l’Église. Les écoles adventistes sont, dit-il, un outil de l’Église pour apporter l’Évangile au monde.

« Nous sommes fatigués d’entendre “Nos enfants quittent l’Église”, explique Don. Nous croyons qu’en formant les étudiants pour qu’ils participent aux activités de l’église et fassent partie de celle-ci, ils quitteront l’académie Campion dotés des compétences nécessaires pour diriger au sein de leurs églises locales. Ainsi, ils seront moins susceptibles de quitter l’Église. »

Don cite Philémon 6 en tant que fondement de cette croyance : « Je prie Dieu de vous donner l’occasion de partager votre foi pour que vous puissiez connaître la plénitude de Christ » (sa paraphrase). Ce n’est qu’en s’appropriant leur église et leur foi que les jeunes pourront connaître la plénitude de notre Sauveur, ajoute-t-il. La collaboration entre l’église et

l’Académie Campion a permis à de nombreux étudiants de trouver un créneau d’implication. Une fois que les étudiants s’approprient leur église, ils entrevoient davantage ce qu’elle pourrait être.

« C’est bon pour nous de pouvoir interagir avec notre église, dit Delainey Kamarad, un étudiant de seconde année, mais ce serait super si nous pouvions aller plus loin. Par exemple, pourquoi ne pas nous impliquer aussi dans la collectivité ? »

La collaboration avec un ado tel que Delainey incite les administrateurs et les pasteurs de Campion à équiper les jeunes de manière à ce qu’ils éprouvent un sentiment d’appartenance à l’Église adventiste. Les étudiants doivent être des membres actifs de l’église locale, où qu’ils aillent.

 

Le modèle de la United Airlines

Sur le campus, le modèle de la United Airlines s’est avéré efficace : les jeunes considèrent qu’ils font partie de l’équipe – de l’Église adventiste.

Bien que n’étant pas membres des conseils d’administration et des comités, ces jeunes contribuent à l’ensembledu ministère de l’Église par le biais de différents ministères. Et à ce niveau, leur participation les amène à poursuivre leur engagement dans l’avenir.

Ceux qui fréquentent l’église sont touchés et encouragés lorsqu’un jeune offre de porter leur nourriture, leur apporte un parapluie, et raconte une histoire aux enfants pendant l’EDS. Dans l’ensemble, l’impact de l’église Campion sur la collectivité et son efficacité s’améliorent grâce à la participation des « stagiaires ».

Mais il faut faire plus ! observe Delainey. Tandis que la mission de l’Église embrase davantage d’étudiants, l’Académie Campion vise à poursuivre l’œuvre avec cette force que sont les jeunes.

 

  • Pour en découvrir davantage sur l’Académie Campion, consultez son site Web : www.campion.net.

 

Jennifer Sigler, enseigne l’anglais à l’Académie Campion, à Loveland, au Colorado (États-Unis).

Micheal Goetz, est pasteur de l’église Campion.

Kryssie Starrett, une étudiante de seconde année, distribue le pain et le jus de raisin lors du service de communion le sabbat, à l’église Campion.

 

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