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LE PORT DE SIGNE RELIGIEUX FREINE L’ÉVOLUTION DE CARRIÈRE EN FRANCE

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Le cinquième baromètre du Medef sur la perception de l’égalité des chances souligne que seul l’indice de facilité de carrière des personnes affichant un signe religieux diminue en 2016.

Le port de signe religieux est de plus en plus perçu comme un frein à la carrière en 2016 tandis que l’impact de tous les autres motifs de discrimination sur l’évolution professionnelle a diminué. « Les entreprises sont désemparées sur cette problématique », commente Pierre Gattaz, président du Medef, lors de la présentation du baromètre.

Selon les 1010 salariés du privé interrogés en mai dernier lors du cinquième baromètre national de perception de l’égalité des chances, réalisé par le Medef et publié ce jeudi 6 octobre 2016, une personne portant un signe religieux sera moins facilement recrutée (56 % des personnes interrogées), aura moins de chance d’occuper un poste en contact direct avec la clientèle (45 %) ou à haute responsabilité (46 %) qu’une femme, qu’une personne homosexuelle ou noire ou obèse, ou peu diplômée ou souffrant d’un état de santé altéré durablement ou d’un handicap visible ou encore qu’une mère d’enfants en bas âge. L’indice de facilité de carrière pour les personnes portant un signe religieux visible est non seulement au plus bas (49 %) mais il s’est dégradé passant de 52 % à 49 % en un an.

Malgré tout, seulement 6% des sondés estiment qu’ils pourraient être victimes de discrimination du fait de leur religion. Le critère de discrimination po- tentiel le plus souvent évoqué, et de loin, reste l’âge (36% des sondés). En seconde position, on trouve le niveau d’études (20%).

Selon le baromètre, en entreprise, les signes religieux très visibles dérangent davantage que le physique, les convictions politiques ou les allusions à caractère sexuel, le niveau de diplôme ou l’affichage de son orientation sexuelle par exemple. Pour répondre à cette problématique de plus en plus présente en entreprise, le Medef a publié un guide pour manager les singularités. Il a mis à disposition un e-learning avec des outils pratiques pour aider les dirigeants et managers face aux différents cas de figure. Enfin, l’organisation patronale est en train de tester un numéro vert qui deviendra public d’ici « quelques semaines ou quelques mois », annonce Pierre Gattaz.

Pas un thème prioritaire pour les salariés

Alors que les salariés considèrent pour 15 % (20 % des managers et 22 % des recruteurs) que le port de signes religieux très visibles perturbe l’ambiance au travail, Pierre Gattaz préconise : « le fait religieux doit être traité comme un problème personnel et pas autrement ». En d’autres termes, si un salarié souhaite poser une journée pour une fête religieuse, cette demande doit être appréhendée comme celle d’un jour pour accompagner son enfant à une sortie scolaire par exemple. «Le pire qui puisse arriver, c’est de laisser faire », avertit Pierre Gattazpour qui la loi n’est pas la solution. En bref, la religion ne doit pas détenir un statut à part dans l’entreprise. Et à peine 6 % des salariés interrogés souhaitent que le fait religieux soit une priorité d’action de leur entreprise.

« Dans 95 % des cas, le fait religieux en entreprise concerne la religion musulmane », avait constaté Lionel Honoré, professeur des universités et directeur de l’Observatoire du fait religieux en entreprise, lors de la remise de l’étude sur le fait religieux en entreprise le mois dernier. Cette enquête est d’ailleurs évoquée, ce jeudi, lors de la présentation du baromètre du Medef.

« Les attentats ont une influence manifeste sur le climat en France. Il est très difficile de déconnecter la question du fait religieux et de celle des origines. Les deux dimensions s’articulent dans le vécu de la discrimination. Il faut appréhender la question du fait religieux en étroite relation avec la question des origines», ajoute Nathalie Bajos, représentante du Défenseur des droits.

Sujet difficile à aborder

Autre fait marquant de ce baromètre, le thème des convictions religieuses est celui qui semble le plus difficile à aborder cette année talonnée par la précarité financière. Un total de 56 % des salariés estime facile d’en discuter contre 61 % en 2015, soit un écart de 5 points entre les deux années. Pour tous les sujets qui concernent la situation personnelle, le baromètre du Medef constate aussi des variations, mais moins forte, dans la libération de la parole : la situation familiale difficile (76 % estiment qu’il est facile d’en parler en 2016 contre 75 % en 2015), l’origine sociale (76 % contre 77 % en 2015), la rémunération ou les primes (57 % contre 54 % en 2015), les convictions politiques ou syndicales (56 % contre 58 % en 2015), l’orientation sexuelle (56 % contre 58 % en 2015).

Le baromètre révèle toutefois un élément positif. Les moqueries concernant tous les critères de discrimination évalués dans cette étude se stabilisent ou diminuent, notamment en ce qui concerne les convictions religieuses.

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