Un matin en mi-juillet, l’aurore resplendissait déjà par son éclat doré et sa chaleur. Les routes campagnardes, bordées d’arbres, de buissons et de champs maraîchers étaient encore paisibles. Seuls deux sons perçaient le silence du petit matin : le frappement rythmé de souliers de course d’une joggeuse sur la chaussée et la douce mélodie d’un souffle profond et régulier. C’étaient mes pieds. C’était mon souffle. Ceux-ci étaient mes compagnons depuis 4 h du matin, moment où j’ai enfilé mes chaussures et où je me suis aventuré dans le noir.

300, 250, 100 mètres … devant moi se trouvait l’aire de stationnement qui mettrait un terme à mon trajet. 50, 35, 10, zéro.

Frémissante de joie, d’extase et d’étonnement, je me suis écroulée sur la chaussée. Je venais de courir – sans m’arrêter- sur une distance de 22 kilomètres. Et ce petit exploit a été accompli par quelqu’un qui, il y a à peine trois ans, ne pouvait pas même courir pendant 60 secondes.

Je suis née avec l’anémie drépanocytaire, une maladie génétique sanguine pour laquelle nous n’avons toujours pas trouvé de traitement efficace. Cette maladie cause de la souffrance a des millions de gens et mène même à la mort. La douleur, l’épuisement, les va-et-vient à l’hôpital et les transfusions sanguines m’étaient devenus familiers. Et pendant tout ce temps, le risque d’une mort prématurée me talonnait. Année après année, ma maladie devenait de plus en plus ma réalité quotidienne, et je n’y pouvais rien.

Sans_titre2__page_20_sur_32_
Afia (à droite) et son frère, Kwasi Donkor, son donateur.

Après l’université, j’ai étudié à l’école de droit pendant trois ans, et après, je me suis soumise à l’examen du barreau. La formation préparatoire au barreau m’a cependant fait subir un stress énorme et a provoqué sous peu la recrudescence de mon affection. Nuit après nuit, je ressentais une douleur terrible sans que mes médicaments puissent la soulager. Après une nuit particulièrement difficile, j’ai enfin demandé à ma mère de me conduire à l’hôpital de la région.

Là-bas, assise dans la salle d’attente, j’ai vu une femme s’approcher de nous. Elle s’est présentée, a demandé si je souffrais de drépanocytose et si j’avais un frère ou une sœur. –Oui, j’ai un frère. Il est d’un an et demi mon cadet. –Souffre-t-il de la même maladie ? –Non, il est né en parfaite santé.

La femme m’a ensuite expliqué: «Je fais partie d’une équipe de recherche qui réalise un essai clinique pour les personnes souffrant de drépanocytose. Nous offrirons des greffes de moelle épinière aux participants qui répondent aux critères. Souhaiteriez-vous y partici­per ? Nous pouvons envoyer à votre frère un test pour vérifier si son profil médical correspond au vôtre.»

Je suis restée fixée à la regarder, inca­pable de croire à ses propos. Quelques jours plus tard, mon frère a reçu le test par la poste. Deux semaines plus tard, on nous a communiqué qu’il était un donneur compatible. Une année plus tard, j’étais assise en train de regarder mon frère braver la douleur, les incon­vénients et les difficultés inhérentes au processus pour faire le don des cellules qui devaient changer ma vie.

Cette course du beau matin de juillet, qui d’ailleurs est l’une des plus grandes victoires de ma vie, a été rendue possible parce que quelqu’un a fait quelque chose pour moi que je n’aurais jamais pu faire moi-même. Mon sang est passé du type B+ au type O+, celui de mon frère, et ce changement a éli­miné la maladie qui a causé tellement de souffrances. Autrefois sans espoir, j’étais maintenant sans maladie. Ma vie était transformée parce que dans une salle d’attente, une étrangère m’a fait une offre qui dépassait toutes mes espérances, et parce que mon frère s’est partagé lui-même avec moi.

Il y a plus de deux mille ans, un autre Frère a accompli une mission si remarquable, si révolutionnaire qu’elle devait scinder l’histoire et la changer à tout jamais. Il a fait un don qui aiderait les démunis et qui donnerait la victoire à tous ceux qui ne peuvent se défendre eux-mêmes. Il s’est donc offert lui­-même pour vivre, servir autrui et mourir. Pourquoi ? Parce qu’il comprenait notre état. Il a vu que les enfants qu’il chérit luttaient contre quelque chose qui causait la souffrance et la mort de tous, et ils étaient sans défense. Il savait bien qu’en lui résident la vie, la victoire et la guérison dont nous avons si désespérément besoin. Le cadeau a été offert et de l’aide est disponible pour tous ceux qui ne font que la demander.

L’histoire de Jésus – la gloire de la religion chrétienne – remédie parfaite­ment à notre état complètement déses­péré. Nous ne pouvons de nous-mêmes faire quoi que ce soit ou dire quoi que ce soit ou penser quoi que ce soit qui nous rendrait meilleurs. Sans Jésus, nous sommes un peuple affichant une justice souillée et portant sur nos épaules nos nombreuses citernes fissurées. Ainsi Jésus est devenu pour nous la justice et la santé.

Il est de plus en plus évident que notre monde plonge dans un profond malaise. Pour les innombrables problèmes auxquels nous nous butons, on nous a offert des solutions à l’infini. L’éducation, la technologie, la science, la thérapie, les médicaments, la surveil­lance et les lois, voilà vers quoi les gens se tournent pour guérir notre monde corrompu qui bascule dans une violence désespérée. Ces palliatifs ont chacun leur place, mais n’offrent rien de per­manent à un mal plus profond. Cette blessure qui multiplie la douleur dans le monde, c’est le péché. Ce problème n’a qu’une solution véritable, qu’une solution durable: Jésus. Donc, à tous les cœurs qui sont chargés du poids du péché, Jésus propose une offre inimagi­nable : un nouveau cœur et une nouvelle vie en lui, et ce, gratuitement.

Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. (Ézéchiel 36.26). En Jésus, les écueils auxquels on se heurte qui ont pour source le péché sont entièrement supprimés. Le cœur défec­tueux qui enfante une vie défectueuse est arraché puis remplacé par le nouveau cœur que nous donne Jésus. Quel est le résultat ? La douleur et le désespoir que nous connaissions autrefois sont oubliés. Nous sommes recréés du tout au tout, car ce n’est pas un soulagement tempo­raire que nous offre Jésus, mais bien une guérison perpétuelle.

Pour faire les premiers pas sur la voie de la guérison, il faut reconnaître notre condition et notre impuissance totale. Il faut s’avouer également que nos solutions et nos plans sont complètement inutiles et qu’ils ne peuvent nous sauver. Jésus nous invite à nous tourner vers lui, à admettre notre faiblesse et à nous jeter à ses pieds, dépendant uniquement de sa force et de sa miséricorde. C’est en fixant nos yeux sur lui que son cœur divin – source de force et de guérison – devient le nôtre. En lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être et par lui, nous pouvons avoir une vie transformée.

Afia Donkor agit comme bénévole auprès de l’organisation Lifestyle Canada Education Service (LCES). Son récit a été publié pour la première fois par LCES dans un dépliant GLOW intitulé Life After Victory. 

SON VRAI VISAGE
DES PRODUITS LAITIERS CONTRE LES CANCERS COLORECTAUX