« Les yeux des autres sont nos prisons ; leurs pensées, nos cages. »  Virgina Woolf

SeaWorld San Diego (Caifornie-USA) a présenté son ultime show d’orques le 8 janvier 2017, marquant ainsi la fin de 30 ans de divertissement qui a vu plus de 400 millions de personnes visiter le fameux Shamu Stadium. Les autres parcs de SeaWorld, en Floride et au Texas, ont prévu les dernières représentations de leur spectacle d’orques en 2019.

De lire au sujet de cette fermeture a eu un goût aigre-doux pour moi. Il y a 7 ans, j’étais littéralement trempé depuis la première rangée du Shamu Stadium pendant le spectacle et j’ai pu réaliser mon rêve de gosse de voir des orques au plus près. Je me souviens d’un orque « s’échouant » juste devant moi. La tentation de franchir la petite barrière de sécurité et de toucher l’anima que j’adore depuis le visionnement de « Sauvez Willy » était immense.

Mon expérience d’une heure avec les orques de SeaWorld était incroyable, une expérience unique. Cette pensée me rend triste.

Mais en même temps, je suis d’autant plus excité.

Plus mon intérêt pour les orques grandissait plus je réalisais que ces animaux n’ont pas leur place en captivité.

« Born to be wild »

Les orques sont les plus grands représentants de la famille des dauphins. Ils peuvent atteindre 9 mètres de long. Malgré cela, le plus grand bassin de SeaWorld San Diege n’a qu’une profondeur maximale de 12 mètres. Tout juste assez pour que les animaux plongent, sans parler d’y grandir.

Le manque d’espace signifie que les orques passent des heures immobiles à la surface, les laissant à la merci des Uvs et des maladies conséquentes à une longue exposition (1). Les orques sauvages, au contraire, sont connues pour nager jusqu’à 160 kilomètres par jours.

Les orques sont extrêmement sociales et émotionnellement intelligentes. Les recherches sur les orques ont démontré que leur cerveau a des cellules spécialisées pour traiter les émotions (2). La profondeur de leurs capacités à prendre soin l’un de l’autre a été révélée il y a quelques années lorsqu’un groupe d’adulte a été observé en train de nourrir un jeune orphelin avec des défauts sévères de la colonne vertébrale (3). D’autres orques, par exemple, vont passer toute leur vie avec la même famille.

Ces liens sont rompus en captivité où des individus (issu de différents écotypes pour le moins) sont forcés de vivre avec de parfaits étrangers, ce qui mène à des combats voir des décès (4). Des recherches sur l’espérance de vie de l’espèce révèlent le coût réel de la vie en captivité: l’espérance de vie d’un animal en captivité (6.1 années (5)) n’est pas à comparer avec celle d’individus sauvages ( 30-50 ans (6)).

Tueurs captifs

En 2010 une grande orque captive nommée Tilikum tua un entraîneur expérimenté de SeaWorld pendant un spectacle en direct à Orlando en Floride. L’incident a fait les grands titres et a mené à la réalisation du documentaire « Blackfish » qui critiqua les habitudes d’élevage de SeaWorld. Le film eut des retombées importantes sur l’opinion publique et eut pour conséquence, l’année passée, de mener à l’interruption des spectacles.

L’attaque certes tragique n’était pas un événement isolé. Il a y eu olus de 150 rapports d’incident impliquant des orques en captivité depuis 1967, incluant 4 décès (7).

Certains trouveront ces chiffres surprenants considérant la réputation de chasseur habile et impitoyable (7). Pourtant, une seule attaque d’orque sauvage a été rapportée. En 1972, un surfeur californien a été happé par une orque et immédiatement relâché ; menant les scientifiques à penser que c’était un cas d’erreur d’identification (8).

Ombres

Dans un article scientifique paru en 2011, la biologiste marine Dr Naomi Rose conclut qu’«  une orque captive n’a que peu de ressemblance avec une orque sauvage et les preuves s’accumulent que ces animaux élevé ou né en conditions profondément anormales sont eux-mêmes anormaux » (10). Ces anomalies affectent les orques tant physiquement que psychologiquement avec des animaux traumatisés qui meulent leurs dents sur les murs en béton de leurs enceintes et qui percutent les portes en métaux de leurs enclos (11).

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La captivité a détruit les dents de cette orque. Un détail que j’avais omis lorsque j’ai pris cette photo.

La vie en cage a transformé les orques captives en ombre des animaux qu’ils avaient été créé. Tristement, il y a des gens dans le monde qui souffrent d’un destin similaire. Nos cœurs se brisent pour ceux piéger dans les murs de la tyrannie et de l’esclavage (et avec raison). Mais il y en a un nombre innombrable qui étouffe à l’intérieur de murs que l’on ne peut voir ou toucher.

Créer pour plus

« Les yeux des autres sont nos prisons ; leurs pensées nos cages. »  Virgina Woolf

La vie est une expérience partagée. Chacun de nous est béni avec l’incroyable opportunité d’avoir un impact sur ceux autour de nous (voir Proverbes 27 : 17). Cela devient un problème lorsque l’impact devient une obligation et que nous forçons les gens à rentrer dans le moule de nos propres croyances et attentes.

Sur notre lieu de travail, nos propres standards d’éthique de travail et notre vision du succès nourrissent notre critique et nos critiques des autres. Nous disons aux introvertis qu’ils devraient parler et on demande aux turbulents de « grandir » ou de se calmer. Quand il s’agit de nos enfants, nous dictons plus que nous dirigeons ( voie Proverbes 22 : 6), les grondant et les moulant en des versions miniatures de nous même.

Les chrétiens peuvent aussi être des adeptes de la catégorisation dans des boîtes, avec certains toujours à l’affût de celui qui dévie ne serait-ce qu’un peu de leurs conceptions du « croyant modèle ». Cette approche a montré les conséquences tragiques qu’elle comporte, avec des enfants de Dieu choisissant de fustiger l’église voir de renoncer à leur foi.

Cela ne veut pas dire que nous devrions devenir les partisans d’une vie sans règles et sans restrictions. Adam et Ève ont reçu des règles en noir et blanc en Eden et les commandements de Dieu littéralement écrit par lui au Sinaï sont encore valides pour nous aujourd’hui.

Dieu a aussi appelé ces disciples à rétablir, reprendre, et réfuter quand cela est approprié. ( Voir Galates 6 : 1, 2 Timothée 4 : 2 , 1 Timothée 5 : 20).

Ce que ne devons pas faire c’est ajouté nos propres conceptions aux règles de Dieu. Malgré ce que nous pouvons penser, aucun d’entre nous n’a l’autorité ni les capacités, « de façonner nos co-humains à notre image ». Il y a un seul créateur et un seul potier, et « nous sommes tous le produit de ses mains ( Esaie 64.8) ; chacun un « ouvrage » (Éphésiens 2 : 10), « faits de manière étonnante et merveilleuse » (Psaume 139 : 14).

L’auteur Chrétien John Ortberg écrit «  parce que vous avez été créé par Dieu comme une personne unique, son plan pour vous faire grandir n0aura pas le même plan que celui pour faire grandir quelqu’un d’autre. Ce qui fait pousser une orchidée noiera un cactus » (12).

Dieu ne construit pas des cages, pas plus qu’il ne crée des duplicata. Il nous demande d’être comme il nous a créés. Que nous vivions nos vies librement et que nous donnions à ceux autour de nous la liberté de faire de même.

« Le Christ nous a libérés pour que nous soyons vraiment libres. Alors, résistez ! Ne vous laissez plus attacher avec les chaînes de « la captivité » ! » (Galates 5 : 1, Paroles de Vie)

Au cœur sauvage

Deux ans après ma visite à SeaWorld, je me suis retrouvé dans un petit bateau au large de Vancouver (Canada), cherchant des orques. La matinée était misérable et la mer démontée, rendant les orques difficiles à trouver. Plus d’une heure passa avant que notre bateau finalement localisa un groupe de six ou sept animaux.

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Orques sauvages au large de Vancouver, Canad. (Photo. Linden Chuang).

Mon temps avec ces orques fut plus court ( peut-être 20 minutes) et moins intime que ma rencontre à SeaWorld. Pourtant cette expérience signifie bien plus pour moi. Ceux-ci étaient, après tout, de véritables orques sauvages, pas leurs ombres souffrantes en captivité. Ces animaux vivaient dans un contexte familial et en pleine nature, pas dans les enclos de la captivité. Ils étaient simplement comme ils ont été créés.

Libres.

Linden Chuang

  1. https://theorcaproject.wordpress.com/2011/01/20/keto-tilikum-express-stress-of-orca-captivity/
  2. “Killer Whales: Beneath the Surface”, BBC Natural World, 2013.
  3. http://ngm.nationalgeographic.com/2015/07/orca-feeding/morell-text
  4. http://www.bbc.com/earth/story/20160310-why-killer-whales-should-not-be-kept-in-captivity
  5. Jett, J., & Ventre, J. (2015). Captive killer whale (Orcinus orca) survival. Marine Mammal Science31(4), 1362-1377. doi:10.1111/mms.12225
  6. http://www.nmfs.noaa.gov/pr/species/mammals/whales/killer-whale.html. Males and females in the wild can live up to 60 and 100 years respectively.
  7. http://www.orcahome.de/incidents.htm
  8. Centuries of eye-witness accounts of attacks on other cetaceans are the reason these animals are called a “killer” in the first place (originally “whale killer”). The Romans went a step further, giving them the name “orca”, meaning “demon from hell”.
  9. The surfer, Hans Kretschmer, was swimming among seals at the time of the attack. Read about the incident here: https://news.google.com/newspapers?nid=2245&dat=19960117&id=GIo1AAAAIBAJ&sjid=QiEGAAAAIBAJ&pg=3872,1646286&hl=en
  10. http://www.hsi.org/assets/pdfs/orca_white_paper.pdf
  11. See the shocking video here: https://www.youtube.com/watch?v=JIqmG_PE7kQ.
  12. The me I want to be: Becoming God’s best version of you, 2009.

Traduit par Michael Benoit.

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