Plusieurs personnes semblent ne pas croire en la dîme et soulèvent de nombreuses questions sur le sujet. La dîme n’est-elle pas un acte légaliste qui n’a plus sa place pour nous qui vivons sous la nouvelle alliance de la grâce? Le fait que Dieu nous a rachetés de la malédiction de la loi au moyen du sacrifice de Jésus (Galates 3.13, 14) ne remplace-t-il pas

le règne de la loi par « la loi de Christ» (Romains 8.2)? Étant donné que le sacerdoce a changé (Christ devenant le Souverain Sacrificateur et les croyants, un royaume de sacrificateurs), cela ne rend-il pas caduque la remise de la dîme? Luther, le grand réformateur, n’a-t-il pas rappelé que « la loi de la grâce exclut la loi de l’obligation de la dîme» ? 1 La dîme n’est-elle pas une supercherie inventée en 567 (apr. J.-C.) 2 par l’Église catholique en vue d’entretenir le clergé et enrichir l’Église? Pourquoi les membres du clergé ne travaillent-ils pas pour pourvoir à leurs propres besoins à l’instar de Paul (1 Thessaloniciens 2.9)? Et la liste peut s’allonger …

Par ailleurs, de plus en plus de chrétiens convaincus du fondement biblique de la dîme décident de ne pas la rendre aux églises pour ne pas enrichir les responsables religieux. Ils préfèrent plutôt verser le dixième de leurs revenus à des œuvres caritatives et humanitaires, parce que, pour eux, les églises et le clergé ont abusé et abusent encore de leur bonté.

Disons que s’il n’est pas juste historiquement de dire que la dîme a été instaurée par l’Église catholique au 6e siècle, c’est peut-être oublier aussi vite que le même Paul a écrit ceci:« de même aussi, le Seigneur a ordonné à ceux qui annoncent l’Évangile de vivre de l’Évangile» (1 Corinthiens 9.12).

Un regard rapide aux textes bibliques permet de relever que la dîme, comme toute la création, appartient à l’Éternel (Lévitique 27.30-33; Psaume 24.1; 1 Corinthiens 10.26). Nous sommes ainsi invités à la considérer non dans la perspective de notre relation avec l’Église, mais plutôt dans le cadre de notre relation avec notre Créateur. De plus, toute personne ou institution qui perçoit la dîme est redevable devant Dieu. Mais également, la dîme a été instituée avant le service sacerdotal lévitique (Genèse 14). Elle ne fait donc pas partie de la loi cérémonielle abolie (en Christ). Enfin, les Saintes Écritures présentent trois types de dîmes pour des buts différents et précis :

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a) La première dîme est sacrée et réservée aux Lévites (Nombres 18.21, 24). Le but en est simplement déterminé : sans possessions, les Lévites offrent leur vie au service du temple pour le peuple. Plus tard dans le temps, ils servent d’enseignants de la loi (2 Chroniques 17.7-9).

b) La deuxième dîme venait de tous les Israélites, portait sur toute leur production (Deutéronome 14.22-26) et couvrait les besoins des participants lors des festivités religieuses à Jérusalem.

c) La troisième dîme était destinée aux pauvres, orphelins et veuves; elle était collectée tous les trois ans (Deutéronome 14.28, 29). Elle se compare à notre système d’assistance sociale et visait à éviter que les démunis soient laissés à eux-mêmes.

En définitive, si nous considérons le but à l’origine de la dîme, il paraît évident que, de ces trois dîmes, celle réservée exclusivement au travail qui consistait à instruire et à faire connaître Dieu et ses plans pour l’humanité sera toujours applicable aussi longtemps que nous ne serons pas aux pieds de Dieu, où nous apprendrons sans l’aide, notamment, de pasteurs et d’évangélistes. Et si l’Église, quelle qu’elle soit, s’organise dans ce but, elle a la légitimité de recevoir la dîme sacrée, mais aussi l’obligation d’en faire bon usage, car des comptes devront être rendus à Dieu.

Ngoy Kyala est pasteur au Québec, Canada.

  1. M. Luther, « How Christians Should Regard Moses», prédication du 27 août 1 S2S. Source: http://www.wor-dofhisgrace.org/LutherMoses.htm.
  2. 2. La dime est-elle biblique et d’Église? La réponse avec l’Abbé Jules Pascal Coly. Source: ajonews.info, Le 26 mai 2014.

 

 

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