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UN RABBIN VEUT QUE LES CHRETIENS CONNAISSENT LE JUDAÏSME ET QUE LES JUIFS CONNAISSENT LE CHRISTIANISME

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Les juifs et les chrétiens doivent pouvoir connaître la religion de l’autre. Les derniers doivent comprendre le judaïsme, afin de mieux connaître la vie de Jésus, sa pensée et aussi le contexte dans lequel il a évolué. Et les juifs devraient aussi avoir une certaine connaissance du christianisme, selon les déclarations du rabbin Evan Moffic.

Imaginez un texte sur les religions du monde, qui pose cette question : qui a créé le christianisme ? Jésus, non ? Faux ! C’est ce qu’a fait le rabbin Evan Moffic, auteur du livre « What Every Christian Needs to Know About the Jewishness of Jesus » (Ce que chaque chrétien doit savoir sur la judéité de Jésus). Jésus a vécu, est mort et ressuscité, en étant juif. Ses croyances et pratiques, comprenant son amour de Dieu et du prochain, ont été formées dans un environnement juif. Finalement, les enseignements de Jésus et les écrits au sujet de sa vie, de sa mort et de sa résurrection se sont développés dans le christianisme. Mais plusieurs chercheurs ne croient pas que Jésus a vu sa vocation comme une création d’une nouvelle religion.

Pour Evan Moffic, l’étude des racines communes du judaïsme et du christianisme peut servir de pont entre les deux religions qui ont souvent du mal à se comprendre mutuellement. Evan Moffic veut que les juifs et les chrétiens voient Jésus d’une manière nouvelle. Pendant trop longtemps, écrit-il, les chrétiens ont regardé Jésus simplement comme « un billet pour le ciel » et les Juifs l’ont associé à l’antisémitisme. Il veut que les chrétiens et les juifs voient Jésus comme faisant partie d’une tradition vivante, moins axée sur la théologie, et plus soucieuse de vivre dans ce monde. Evan Moffic donne l’exemple de la fameuse prière de Jésus, le « Notre Père », qui s’explique très bien dans le contexte de la vie juive du premier siècle de notre ère. La prière n’est pas tant une réflexion théologique qu’un appel à l’action, dit-il. Lors que les juifs prient, « que Ta volonté soit faite », selon les paroles de Jésus, ils sont vraiment en train de confesser une relation avec Dieu et ses lois. Ils ont compris que « la volonté de Dieu est faite sur la terre par l’obéissance à la Torah ».

Mais bien sûr, les interprétations juives de Jésus, écrit-il, se frottent contre les convictions chrétiennes. « Surtout quand on parle de la résurrection ». Mais, comme le souligne Evan Moffic, la croyance chrétienne en la résurrection n’a pas besoin d’isoler les juifs des chrétiens. Certains disciples juifs de Jésus ont vu l’annonce de sa résurrection comme le début de la restauration du peuple juif. Donc, si les premiers disciples de Jésus étaient juifs, à quel moment le christianisme est-il apparu comme une religion distincte du judaïsme ? Les chercheurs ne sont pas tous d’accord. Une chose est claire : les rangs des gentils, qui suivaient Jésus, ont commencé à s’agrandir et cela a créé des tensions avec les premiers disciples, qui comprenaient différemment Jésus. Le reste, comme on le dit, tragiquement, c’est l’histoire. Des croisades à l’extermination, les juifs ont souvent été persécutés et tués pour leur refus de se soumettre aux revendications chrétiennes.

Mais pratiquement, aucun chercheur du Nouveau Testament ne nie la judéité de Jésus. À partir de la fin du XIXe siècle, il y avait une poussée dans la recherche chrétienne pour contextualiser Jésus à l’intérieur du premier siècle en Palestine. Aujourd’hui, les chercheurs, comme Amy-Jill Levine, professeur de Nouveau Testament et d’études juives à Vanderbilt Divinity School, déclare que les chrétiens ne peuvent pas comprendre pleinement la signification de la vie de Jésus, sans comprendre le contexte juif dans lequel évoluait Jésus.

Les chrétiens ont donc besoin d’étudier le Judaïsme — mais qu’en est-il avec les juifs ? Doivent-ils étudier le christianisme ? Amy-Jill Levine le pense : « si nous, les juifs, voulons que les non-juifs nous respectent, cela signifie aussi mieux nous connaître, je pense que nous devons faire de même en respectant nos voisins chrétiens. Cela signifie apprendre ce qu’ils croient et comment ces croyances se manifestent dans la pratique ». Cela peut être plus facile pour un chrétien d’étudier le judaïsme que pour des juifs, étudier le christianisme. Etudier le christianisme signifie étudier la Bible, qui comprend la Bible hébraïque, mais dont les livres ne figurent pas dans le même ordre. Pour les juifs, le Nouveau Testament est difficile à aborder parce que son nom suggère qu’il y a une amélioration par rapport à l’ancien. Mais les défenseurs interconfessionnels disent que le dialogue entre les croyances ne doit pas prétendre que les différences religieuses n’existent pas. « Nous ne sacrifions pas les particularités de nos traditions sur l’autel de la sensibilité interconfessionnelle », déclare Amy-Jill Levine. « Les juifs et les chrétiens ne vont pas se mettre d’accord sur tout jusqu’à ce que le Messie vienne. Ou, si vous préférez, revienne ».

Le siècle dernier a vu les honorables tentatives des savants juifs de réexaminer Jésus. Une telle voix juive d’avant-garde appartenait à Rabbi Maurice Eisendrath, qui, en 1963, a encouragé le congrès biennal du mouvement de réforme pour mettre à jour sa pensée sur Jésus. Malgré le fait que les Juifs ne peuvent pas l’accepter comme Messie, selon lui, « il y a une possibilité pour une meilleure compréhension et l’ouverture au changement dans l’interprétation de Jésus comme un esprit positif et prophétique dans le courant de la tradition juive ». Comme beaucoup de recherches, celle de comprendre la religion de l’autre est restée confinée dans les salles du monde universitaire et elle n’a jamais vraiment décollé dans les communautés juives laïques, qui sont restées parfois farouchement opposées à cette démarche.

Evan Moffic voudrait changer cela. « Comme les gens de foi », écrit-il, « notre défi est d’essayer de ne pas porter atteinte à l’autre. Il ne s’agit pas de prouver que notre foi est supérieure à toutes les autres. C’est vivre et enseigner notre message de vie et d’espoir dans un monde rempli de violence et d’indifférence». Evan Moffic pense que Jésus peut montrer aussi bien aux juifs qu’aux chrétiens, une façon de le faire.

 

Source (Protestinter/Bulletin d’Information Adventiste – BIA) – Dammarie-les-Lys, France

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