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Maitriser l’art de raconter des histoires aux enfants

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Même si cet article est destiné aux pasteurs, les principes qu’il inclut sont tout aussi utiles à ceux qui racontent des histoires aux enfants au moment du culte.

Les pasteurs sont des orateurs entraînés pour prendre la parole en public. Une bonne partie de leur formation est centrée sur une communication efficace avec les adultes. Cependant, la formation en homilétique ne garantit pas nécessairement le succès lorsqu’on a devant soi un groupe d’enfants remuants, dont l’attention ne va pas au-delà de quelques millièmes de seconde. Ajoutez au tableau quelques bébés rampant autour de vos pieds, et le coin des enfants devient pour vous un véritable défi.

Comment raconter une bonne histoire aux enfants, une histoire qui retiendra leur attention ? Voici quelques éléments que j’ai glanés durant mes plus de trente ans d’expérience dans le ministère, en m’y appliquant.

Par où commencer ?

D’abord, acceptez qu’il existe peu de conteurs nés et que bon nombre d’entre nous apprennent difficilement. Nous apprenons à raconter des histoires de la même manière que nous étudions une discipline scolaire. Nous emmagasinons l’essentiel dans notre mémoire et nous commençons à appliquer ce que nous avons appris. La perfection s’acquiert par la pratique. Je me rappelle encore la toute première fois où je me suis tenu devant un groupe de jeunes dans une petite église de l’Ohio. Je tremblais de peur en lisant une histoire mot à mot dans un livre. Quand enfin l’histoire était terminée, c’était un grand soulagement pour les enfants, pour l’église et pour moi ! Mais ce n’était que le début d’une expérience qui aura été très gratifiante et très satisfaisante; parce que j’en ai beaucoup appris.

Devenir un bon conteur est, en grande partie, fonction de votre attitude. Je préfère utiliser l’expression les enfants quand je m’adresse à une audience d’enfants. L’emploi de termes comme gosses, les gamins ou d’autres expressions semblables peuvent être parfois corrects ; mais, j’ai découvert que si vous traitez les enfants avec respect et dignité, ils réagiront positivement. Vous remarquerez que leur attitude deviendra un reflet de la vôtre.

Le but des histoires n’est pas d’amuser. Elles seront toutefois plus efficaces si elles sont intéressantes. Comme outils d’enseignement, elles peuvent inspirer les enfants à cultiver des qualités de caractère qui les motiveront à devenir des jeunes chrétiens et des citoyens honorables.

Objectifs et philosophie

Il vous faut un objectif bien défini pour présenter un élément qui bâtit le caractère et qui sera fondé sur une référence biblique spécifique et lié à une expérience vécue. Il y a trois étapes dans l’organisation d’une histoire. D’abord, déterminez le sujet, ensuite choisissez le thème, et, finalement, trouvez une formule autour de laquelle vous construirez votre histoire.

Reconnaissez aussi que les enfants sont des êtres humains en développement. Préparez donc des histoires courtes et simples. Dans cette optique, même s’ils sont très remuants, vous paraissent inattentifs ou donnent des réponses absurdes à vos questions, ne les mettez jamais en difficulté.

Les enfants apprennent grâce à un processus qui les conduit des objets qu’ils peuvent toucher et sentir vers des sujets plus abstraits. Par exemple, un enfant comprendra le mot chien comme désignant une famille d’animaux domestiques. Éventuellement, l’enfant saisit l’idée que les chiens appartiennent à un groupe plus étendu appelé animaux. Tandis que le processus d’apprentissage progresse, il appréhende des concepts plus avancés et plus abstraits comme bien, mal, faux, beau, vrai. On constate, avec sagesse que, jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de sept ans, la plupart des enfants sont incapables de saisir une abstraction.

Connaissez votre compétiteur

Reconnaissez la situation complexe à laquelle vous vous mesurez. Les enfants d’aujourd’hui passent des heures devant la télévision, avec les jeux vidéo et navigant sur le net. Parce que le temps d’attention de l’enfant raccourcit, le conteur perd de son efficacité après cinq à sept minutes. On estime que l’individu moyen aura vu 30 000 histoires électroniques avant d’avoir atteint l’âge de 21 ans. Le conteur ne doit, pourtant, pas abandonner sous ce prétexte ou tout simplement imiter cette concurrence. Raconter des histoires devient plutôt une occasion d’enseigner de meilleures options aux jeunes enfants.

Pour devenir un maître dans l’art de raconter des histoires, tenez compte des aspects positifs ou négatifs de votre histoire. Il y a certainement des leçons à apprendre de la désobéissance. Il existe aussi des manières positives de présenter les mêmes leçons. Il est clair que si vos histoires parlent seulement de punition, de blessures et de mésaventures, elles ne tarderont pas à devenir sèches, monotones, insipides. Ce seront des cours de morale que les enfants redouteront. Oui, il existe une place pour des leçons de morale basées sur les tristes réalités de la vie, mais elles doivent être généreusement imprégnées de messages positifs et optimistes. Vos histoires doivent osciller entre le positif et le négatif en vue d’une présentation bien équilibrée. Il est très important de mettre l’accent sur le positif.

Méthodes

Si l’histoire que vous racontez vient de quelqu’un d’autre, lisez-la à haute voix pour vous-même, et ne la partagez que si vous pouvez l’aimer et l’apprécier. Modifiez-la en l’adaptant à votre personnalité. Les conteurs à succès viennent de divers horizons et ont des styles différents. Il peut être aisé pour tel conteur de ramper, de marcher à quatre pattes sur la scène, d’aboyer comme un chien tandis que l’idée répugne complètement à un autre. Il n’y a pas de règles spécifiques pour cela, pas de méthode adaptée à tout le monde.

Parlez directement aux enfants, non aux adultes. Que votre langage soit approprié à leur âge. Si vous êtes obligé d’utiliser un mot inconnu, donnez-en la signification. Décrivez l’apparence des personnages, leurs habillements et leurs manières d’agir. Décrivez l’action de l’histoire comme si vous la voyez dans une série d’images. Essayez de voir, vivre et sentir votre histoire.

Pour être un orateur plus efficace, tenez-vous là où les enfants peuvent vous voir et parlez de manière à ce qu’ils puissent bien vous entendre. Autant que possible, ayez recours à des accessoires ou aides visuelles simples : « Pour faire comprendre, utilisez tant l’œil que l’oreille. » Plus familier est l’objet que vous utilisez, plus longtemps ils se souviendront de la leçon. Par exemple, « Chaque fois que vous voyez le soleil briller vivement, pensez à Jésus, la Lumière du monde. »

En fait, une histoire est un assemblage de mots arrangés par le conteur. Beaucoup d’histoires très efficaces commencent par une déclaration qui crée une relation. Par exemple, « Quand j’avais votre âge, je… » Ne vous en faites pas si la comparaison chronologique n’est pas parfaite ; les enfants n’auront aucun problème à se voir eux-mêmes à votre place.

Selon les experts, 40 pour cent de ce qu’apprennent vos auditeurs viennent de la communication non ver — bale : ce qui inclut l’expression corporelle, les habits, les coiffures et d’autres facteurs similaires. Recourir à votre corps pour communiquer revêt la plus grande importance. La première chose que vous devriez faire est d’établir le contact visuel avec les enfants. Ils devraient percevoir que vous parlez à chacun d’eux personnellement. Vos gestes devraient être naturels et appropriés à l’histoire que vous racontez. Les six gestes de base de la main sont la mise en garde, le serrement de votre poing, le rejet, la division, le don ou la réception et l’indication. Ces gestes accompagnés de ceux de la tête, des épaules et des expressions du visage devraient être pratiqués jusqu’à ce qu’ils deviennent naturellement partie intégrante de votre présentation.

Utilisez votre visage comme une illustration de votre histoire. Si vous racontez une triste histoire, paraissez triste ; si l’histoire est gaie, ayez une mine joyeuse. Cela peut exiger quelques exercices, mais si vous vivez votre histoire, elle se reflétera sur votre visage et les enfants y répondront immédiatement. Plusieurs personnes font usage d’un miroir ou d’un caméscope pour s’aider à pratiquer ces gestes. Comme pour tous les arts, la perfection vient grâce à la répétition. La maison est un bon endroit pour débuter. Si vous y avez des enfants, commencez par leur raconter votre histoire personnelle.

Porter un chapeau, une paire de gants, ou quelques accessoires appropriés (ridicules ou non) peut susciter l’imagination sans jamais dire un seul mot. Les jeunes de tout âge aiment réagir à un ensemble d’actions et de présentations auxquelles ils peuvent participer. Ils aiment toucher et sentir des objets à portée de mains. C’est particulièrement vrai des animaux vivants et domestiques. Si vous pouvez mettre un objet dans un sac et le secouer, vous retiendrez toujours l’entière attention de vos enfants. Les gens gardent en mémoire et pratiquent environ 10 pour cent de ce qu’ils entendent, 50 pour cent de ce qu’ils voient et 90 pour cent de ce qu’ils font. On ne saurait trop insister sur la nécessité de l’apprentissage par l’action. Il est presque impossible pour quelqu’un d’oublier une importante leçon de chose à laquelle il a participé activement.

Pistes pour les conteurs d’histoires aux enfants

  1. Employez des mots à la portée des enfants de trois à huit ans.
  2. La longueur de l’histoire ne devrait pas dépasser trois à sept minutes.
  3. Asseyez-vous au même niveau que les enfants.
  4. Ne lisez jamais l’histoire dans un livre ou une autre source. Racontez-la toujours.
  5. Connaissez le sujet du sermon et faites en sorte que votre histoire aille dans la même direction. Contactez le pasteur sur les détails du sermon ou du sujet de ce jour.
  6. Utilisez la première minute pour capter l’attention. Vous pouvez le faire au moyen d’aides visuelles, de votre expression corporelle ou de votre voix. Établissez et maintenez le contact visuel dès le commencement.
  7. Évitez de faire des commentaires destinés aux adultes. L’histoire est destinée aux enfants.
  8. Choisissez des histoires auxquelles les enfants peuvent s’identifier. Évitez des histoires horribles, des contes ou celles qui passent au-dessus de leur niveau d’expérience.
  9. En préparant votre histoire, décidez de ce que vous voulez que les enfants apprennent et de l’application pratique que vous souhaitez qu’ils en fassent. Focalisez votre histoire sur cette fin. En faisant usage de la Bible,
    1. sélectionnez un verset clé.
    2. utilisez des versions en langage courant avec des mots que les enfants peuvent comprendre,
    3. répétez le verset aussi souvent que c’est approprié — cela peut-être au commencement, au milieu ou à la fin de l’histoire ; et
    4. encouragez-les à le répéter avec vous.
  10. Faites appel à autant de moyens sensoriels que possible. Faites-leur voir, entendre, toucher, goûter et sentir. Il n’est pas nécessaire d’utiliser tous ces moyens dans chaque histoire.
  11. N’utilisez pas de métaphores, car certains enfants ne comprendront pas le rapport entre l’image et la réalité figurée (par exemple, ‘’l’estomac du garçon était un creux sans fond).
  12. Si vous donnez quelque chose en cadeau aux enfants pour les aider à se souvenir de la morale de l’histoire, faites que ce soit simple et donnez-le leur à la fin du récit. Ne donnez jamais de nourriture, à moins qu’elle soit scellée. Si l’objet peut les distraire ou devenir une distraction pour les autres durant le sermon, recommandez-leur de ne pas l’ouvrir jusqu’à la fin du service.

Secrets de présentation

Les débutants devraient sérieusement envisager les services d’un assistant pour les aider à raconter l’histoire. Les novices, spécialement ceux qui sont nerveux et peu sûrs d’eux-mêmes, ont intérêt à avoir quelqu’un tout près d’eux pour leur souffler un détail de l’histoire au cas où ils l’oublieraient. Il est toujours bon d’écrire un plan sur une petite carte que l’on dépose sur la chaire, par terre ou que l’on tient dans le creux de sa main. Même si vous ne l’utilisez pas, l’assurance de savoir qu’il est là vous aidera à être un meilleur conteur.

Voici une autre raison d’avoir un assistant. Souvent, les parents imaginent que ceux qui racontent les histoires feront des miracles : ils amènent le plus petit des enfants pour entendre l’histoire. Ils placent l’enfant et le laissent seul, à vos soins et le regardent en souriant. Puisque la majeure partie de vos histoires visent en gros les enfants de 5 à 12 ans, la charge des nourrissons et des bébés devient une tâche impossible. Un assistant peut être d’un secours inestimable pour que votre histoire soit entendue par les enfants.

Et n’oubliez jamais qu’il se peut que quelque chose se passe mal. Cela s’applique spécialement aux aides visuelles et aux accessoires. Rendez-les donc aussi simples que possible, et assurez-vous de les avoir essayés à l’avance. Les enfants ne sont pas se contentent pas de déclarations du genre : « Je pensais que cela marcherait. »

Après la présentation de l’histoire

Demandez des critiques constructives. Votre histoire était-elle trop courte, trop longue ou simplement ennuyeuse ? Avez-vous utilisé trop de mots ronflants ? L’histoire a-t-elle été au-delà de l’expérience d’un enfant ? L’histoire était-elle bonne ? Si oui, pourquoi a-t-elle été bonne ? Demandez à votre conseiller : « Si tu pouvais modifier l’histoire, que changerais-tu ? » Apprenez de vos expériences, sans prendre vos histoires trop au sérieux. Si vous avez commis des erreurs sur le contenu de l’histoire, il y a de grandes chances que les enfants ne l’aient jamais perçu. Continuez à essayer de faire de vos capacités ce qu’elles sont supposées être un moyen de rire et de vous amuser avec un grand groupe d’enfants, tout en leur enseignant des principes qui affecteront positivement leurs vies pour l’éternité.

D’autres sources d’histoires

La vie regorge d’histoires pour former le caractère. Le problème consiste à trouver des histoires appropriées et à pouvoir les présenter de manière inoubliable. Les meilleures leçons de choses sont tirées de la vie quotidienne et elles utilisent de simples exemples familiers comme le faisait Jésus. Quand vous avez trouvé une histoire possible, posez-vous les questions: Qui ? Quoi ? Quand ? Où et comment ? Par souci de précision, ayez soin d’écrire ces informations. Si d’authentiques bonnes leçons de choses n’existent pas en abondance, un conteur avisé peut en glaner ici et là, les polir et en faire de véritables joyaux dont les jeunes se souviendront toujours.

Il y a aussi de nombreux livres contenant d’excellentes collections d’histoires et sermons hebdomadaires pour enfants. Allez dans les librairies chrétiennes à travers le pays et en ligne, car vous trouverez un choix abondant de matériel sur le net.

Conclusion

Nous devrions considérer comme une bénédiction l’occasion de partager avec les jeunes des leçons pour former leurs caractères et motiver leur croissance spirituelle. Il n’est pas donné à n’importe qui le privilège de pouvoir faire pour les jeunes quelque chose de portée éternelle. Quel privilège que celui d’être un conteur chrétien ! Profitez-en au maximum.

MARVIN HUNT , pasteur retraité, à Columbia en Caroline du Sud, États-Unis.

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