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HÉNOC A VRAIMENT ÉTÉ ENLEVÉ AU CIEL ?

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Dans Genèse 5.24, est-il vraiment dit qu’Hénoc a été enlevé au ciel ?

Si vous cherchez, l’expression exacte « a été enlevé au ciel », la réponse est non ; ces mots ne figurent pas dans ce verset. Si nous nous en tenons aux mots qu’il utilise, l’expérience d’Hénoc est un peu floue. Pour y voir plus clair, nous allons d’abord examiner les mots eux-mêmes, puis explorer le contexte, et enfin, étudier ses relations intertextuelles, c’est-à-dire un autre passage traitant du même sujet.

1. Ambiguïté des expressions utilisées.

Il nous faut décortiquer deux expressions principales : (1) « il ne fut plus » et (2) « Dieu l’enleva ». La première se dit en un seul mot en hébreu (we’eynennû), ce qui pourrait se traduire littéralement par « et il pas là », le verbe « fut » devant être ajouté : « il ne fut plus là/il ne fut plus ». Elle pourrait signifier qu’Hénoc disparut ou mourut. Par exemple, Jacob dit au sujet de Joseph : « Joseph n’est plus » (Gn 42.36), c’est-à-dire « il est parti/mort » (voir aussi Jb 6.8 ; Ps 39.7).

La seconde expression, « Dieu l’enleva », est ambiguë elle aussi. Elle pourrait signifier que Dieu « le prit » (Iaqah ’thô) dans le sens qu’il mourut (voir Ez 24.16 ; Jon 4.3), ou que Dieu le délivra/le préserva (Gn 7.2). De nombreux commentateurs chrétiens soutiennent que le passage dit simplement qu’Hénoc disparut parce qu’il mourut prématurément. La plupart du temps, cette interprétation se base sur leur conviction que l’Ancien Testament n’enseigne pas une résurrection débouchant sur une existence dans la présence de Dieu. Ils soutiennent que ce n’est que plus tard dans l’Ancien Testament qu’une telle idée commence à voir le jour. En ce qui me concerne, ce que je lis dans les Écritures me dit quelque chose de différent.

2. Évaluation contextuelle.

Genèse 5 décrit la puissance de la mort sur les êtres humains, même sur ceux qui servent le Seigneur. Ce chapitre ressemble à une visite au cimetière où on lit les épitaphes des pierres tombales. La formule littéraire, c’est « X vécut xx ans, il eut des enfants, puis vécut xx ans après avoir eu des enfants, et enfin mourut » (voir versets 5,8,11,14,17,20,27,31). La formule ne s’applique pas à Hénoc ; le verbe « mourut » ne se trouve pas dans son cas. Ainsi, l’expression « il ne fut plus » ne veut pas dire « il mourut » mais plutôt « il disparut ». Dans les cas où elle pourrait signifier la mort, le contexte, et non l’expression elle-même, l’établit.

En d’autres termes, un individu peut disparaître parce qu’il meurt, ou parce que Dieu « l’enlève ». Le verbe « enlever »
est utilisé ici dans l’absolu, c’est-à-dire qu’aucun endroit n’est mentionné. On retrouve cette même utilisation dans le cas d’Élie (2 R 2.3,5), indiquant ainsi que cela signifie « ravir ». C’est clairement ce que Genèse 5.24 dit. Le verbe est aussi utilisé pour désigner notre vie future avec le Seigneur (voir Ps 49.15 ; 73.23-25). Remarquez la structure de la phrase dans Genèse 5.24 : Hénoc (a) marcha avec Dieu, et (b) disparut, parce que (a) Dieu l’enleva. Ce récit traite de la relation profonde d’Hénoc avec le Seigneur, relation qui résulta en son départ/sa disparition, non en sa mort. L’explication donnée pour sa disparition, c’est que Dieu l’enleva, et non qu’il le tua !

3. Hénoc dans le Nouveau Testament.

Si vous avez encore des doutes, lisez Hébreux 11.5 : « C’est par la foi qu’Hénoc fut enlevé [en grec : metatithe-mi, “changer quelqu’un d’endroit”, “être ravi”], de sorte qu’il ne vit pas la mort ; et on ne le trouva plus, parce que Dieu l’avait enlevé [en grec : tatithe-mi, “ravir”]. » On comprend donc que l’expression « il ne fut plus » utilisée dans Genèse 5.24 signifie qu’« on ne trouva plus » Hénoc, et que l’expression « Dieu l’enleva » veut dire qu’il fut ravi en un lieu céleste. Le changement de lieu signifie qu’il ne mourut pas. Finalement, Dieu est identifié comme celui qui le ravit ou l’enleva.

L’histoire d’Hénoc fait naître l’espérance dans notre cœur parce qu’elle nous montre que grâce à Christ, nous vaincrons la puissance de la mort. Les bénéfices de la mort du Christ furent accordés à Hénoc par la foi. Sa sainte marche avec le Seigneur devrait nous toucher et nous pousser à faire constamment du Christ notre compagnon le plus intime dans notre pèlerinage chrétien.

Angel Manuel Rodríguez, actuellement à la retraite, est ancien directeur de l’Institut de recherche biblique de la Conférence générale.

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