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CRÉATION : QUAND FOI ET SCIENCE SE RENCONTRENT !

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Dans la Bible, peu de concepts sont aussi invariablement soutenus tout au long de ses pages que celui disant que Dieu est le Créateur de l’univers et de la vie. Les Écritures – depuis le tout premier verset (« Au commencement, Dieu créa […] » [Gn 1.1]) jusqu’au dernier chapitre (« Je suis […] le commencement et la n » [Ap 22.13]) – affirment sans cesse que l’existence de toutes choses procède de l’activité créatrice de Dieu. Elles s’opposent clairement aux modèles naturalistes des origines qui prévalent dans la pensée universitaire laïque, laquelle rejette l’idée du Dieu créateur ou la possibilité de son interaction avec la nature.

La Bible non seulement identifie Dieu en tant qu’Auteur de la création, mais le décrit aussi comme étant activement et intentionnellement engagé dans le processus. C’est là le message clair du récit de la création dans Genèse 1, où les verbes décrivant le rôle de Dieu (créa, dit, vit, sépara, appela, fit, acheva, bénit) sont à la forme active et s’associent à un objet direct.

Qu’est-il possible et impossible de savoir ?

Si la Bible est explicite en indiquant que Dieu a créé, que peut-on dire des mécanismes de la création ? Les Écritures nous donnent-elles des aperçus des processus employés par Dieu dans son œuvre créatrice ? Le livre de Job semble évoquer les limites de la compréhension humaine quant à la façon dont Dieu déploya sa puissance créatrice. En s’adressant à Job, Élihu soutient à quel point « Dieu tonne avec sa voix d’une manière merveilleuse ; il fait de grandes choses que nous ne comprenons pas » (Jb 37.5). Un peu plus loin, Dieu se présente à Job par une révision détaillée des merveilles de la création (Jb 38-41). Au point culminant de ses propos survient la célèbre confession de Job : « Oui, j’ai parlé, sans les comprendre, de merveilles qui me dépassent et que je ne conçois pas. » (Jb 42.3) Cette incapacité de comprendre la puissance créatrice de Dieu constitue un aspect fondamental de la condition humaine ; on ne peut donc l’attribuer à un manque de volonté ou d’application. Ce point de vue est clairement exprimé dans la déclaration suivante d’Ellen White : « Dieu n’a jamais révélé aux mortels comment il a accompli l’œuvre de la création en six jours littéraux. Son œuvre créatrice échappe tout autant à notre compréhension que son existence (1). »

Il est également vrai, toutefois, que la Bible foisonne d’invitations à réfléchir aux aspects du monde naturel pour mieux connaître le caractère de Dieu et l’idéal du Créateur à l’endroit de ses créatures. David, par exemple, explique comment ses pensées prennent forme lorsqu’il contemple les cieux, la lune et les étoiles, ouvrage des mains divines (Ps 8.4). Par conséquent, même si le processus de la création nous est inaccessible, ce qui en résulte (la « création ») incite à l’examen et apparaît intelligible. Cette ambivalence se remarque même dans le passage où Dieu donne à Job une leçon d’humilité par ses questions pointues. Ces questions dirigent l’attention de Job vers des aspects observables des merveilles de la création. Ellen White souligne magnifiquement cette fonction de la science en tant que moyen de se brancher sur Dieu : « C’est seulement sous la direction du Dieu omniscient qu’en étudiant ses œuvres, nous serons capables d’épouser ses pensées (2). »

L’équilibre entre deux extrêmes

En considérant l’exhortation de la Bible à sonder les commencements de notre monde, la recherche scientifique des origines devrait conserver un équilibre entre deux extrêmes. D’un côté, on risque de faire abstraction de Dieu. Les méthodes scientifiques nous aident à comprendre, souvent dans les moindres détails, le fonctionnement de certains phénomènes physiques. Malheureusement, plutôt que de susciter émerveillement et gratitude envers le Créateur, cette connaissance peut conduire à un faux sentiment de domination et d’indépendance. Lorsque nous oublions que la connaissance du fonctionnement d’une chose n’implique en aucun cas celle du processus de sa création, nous tombons dans le piège de la tentation tendu premièrement en Éden : « Vous serez comme des dieux » (Gn 3.5).

D’un autre côté, à partir du moment où l’on considère la recherche scienfiti que comme un tabou dangereux, on se mé e d’elle. Une telle attitude donne le sentiment que la religion veut contrôler l’humanité en la gardant dans l’ignorance. Or, c’est précisément l’image que Satan voulait donner de Dieu dans sa question insidieuse : « Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? » (Gn 3.1) Par cette insinuation perfide, le serpent suggéra à Ève que Dieu privait les humains de l’exploration et des joies de la création, alors qu’en réalité, il avait planté ces arbres précisément pour que les humains puissent en manger le fruit !

Par conséquent, lorsque nous discutons de certains aspects des actes créateurs de Dieu, il est impératif d’éviter ces deux extrêmes. Dans cet esprit, nous vous proposonsles réflexions suivantes issues d’une perspective humaine limitée.

Dieu m’a-t-il créé ?

L’une des premières questions relatives au processus de création divine, c’est la question de création fiat. Le terme latin
fiat implique l’apparition de systèmes pleinement fonctionnels en réponse immédiate à l’ordre de Dieu. Dans son récit de la création, la Genèse affirme clairement que Dieu amena toutes choses à l’existence par sa parole. Ce concept est renforcé dans plusieurs autres textes bibliques, tels que Psaumes 33.6 : « Les cieux ont été faits par la parole de l’Éternel, et toute leur armée par le souffle de sa bouche. »

D’un autre côté, nous faisons aussi l’expérience de la formation de nouvelles choses, de choses que Dieu ne crée pas instantanément par sa parole, comme par exemple, la procréation. Cependant, cette réalité n’entre absolument pas en confiit avec la création at originelle.

Dieu est toujours l’Auteur de toutes choses. Il œuvre par les lois qu’il a établies pour gouverner les systèmes physiques dans le temps.

Entités créées : statiques ou dynamiques ?

Un autre secteur de confusion potentielle, c’est l’idée que ce que Dieu crée ne peut changer parce que parfait. De nombreuses choses visibles aujourd’hui dans l’univers font partie d’un système dynamique débordant de processus, de changement, et, par conséquent, d’histoire. Se pourrait-il qu’un tel système résulte du péché ?

Il n’entrait pas dans le plan originel de Dieu que ses créatures demeurent statiques. Cela apparaît dans les ordres divins « soyez féconds, multipliez-vous et remplissez les eaux des mers », « se multiplient sur la terre », « soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la » (Gn 1.22,28) donnés aux poissons, aux oiseaux, et aux humains, respectivement. Les verbes utilisés ici suggèrent que Dieu dota sa création d’un potentiel de croissance et d’expansion. Il est clair, par conséquent, que Dieu conçut le monde en tant que système dynamique dès le commencement. En même temps, le récit de la Genèse indique que certains changements dans la nature sont imputables au péché (Gn 3.14-19).

Quelles que soient les raisons de ces changements, de nombreuses choses observées aujourd’hui – par exemple, les cratères météoriques à la surface de la lune – semblent indiquer l’apparition de processus par le passé. En acceptant que des choses aient pu être soumises à un changement après leur création, nous comprenons mieux que ce que nous voyons ne reflète pas toujours fidèlement la condition originelle des entités créées.

Ex nihilo, ou en partant de matière préexistante ?

Une autre question importante sur la création surgit : Dieu crée-t-il en partant d’une matière préexistante, ou peut-il réellement amener les choses à l’existence ex nihilo (une expression latine signifiant « en partant de rien ») ?

La Bible ne laisse planer aucun doute : Dieu a la capacité de créer ex nihilo, et c’est exactement ce qu’il fit. « Tout a
été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses » (Col 1.16,17 ; voir He 11.3). Néanmoins, le récit de la Genèse montre que Dieu peut aussi créer en partant de matières préexistantes, un excellent exemple étant la création de l’homme « de la poussière de la terre » (Gn 2.7, LSG).

Déterminisme et libre arbitre

Une dernière question sur l’activité créatrice de Dieu porte sur le contrôle du Créateur dans la gouvernance des mécanismes des systèmes créés. Dieu détermine-t-il délibérément l’apparition de chaque phénomène, depuis la trajectoire spécifique d’un grain de sable transporté par une rivière jusqu’à la recombinaison exacte du matériel génétique à partir des chromosomes de cellules parentales ? Cette question est très importante, spécialement dans les discussions portant sur le libre arbitre et la manifestation du mal dans la nature.

D’après le Nouveau Testament, Jésus est le Soutien de l’univers : « toutes choses subsistent en lui » (Col 1.17, LSG). Ceci veut dire qu’il n’y a pas de réalité sans Dieu. Cependant, soutenir ne veut pas dire déterminer. Dieu peut fournir à l’existence des choses un cadre où de multiples résultats d’un certain phénomène ont l’occasion de se produire. Dans la perspective humaine, les lois peuvent gouverner certains de ces résultats, tandis que d’autres ne peuvent être prédits à l’avance. Les deux façons qu’ont ces choses de se produire se réfèrent couramment à la « nécessité » et au « hasard ». Ces mots impersonnels donnent l’impression d’un monde mécanique fonctionnant sans Dieu. Cependant, cette « nécessité » et ce « hasard » dont nous faisons l’expérience pourraient en fait constituer des moyens intentionnels au sein desquels Dieu rend possible le libre arbitre.

Une question de foi

En conclusion, la recherche scientifique peut aider à élucider certains aspects des processus que Dieu choisit pour interagir avec la nature. En même temps, bien que la science puisse nous donner une appréciation plus profonde de la grandeur du Créateur, comprendre que Dieu créa le monde restera toujours une question de foi. « C’est par la foi que nous comprenons que le monde a été formé par la parole de Dieu, de sorte que ce qu’on voit ne provient pas de ce qui est visible. » (He 11.3) Il en fut ainsi pour Adam et Ève : ils se réveillèrent, tout comme nous, dans un monde sublime sans avoir été témoins de sa création… Et nous avons, tout comme eux, le privilège d’explorer ce monde extraordinaire et d’apprécier toujours plus son merveilleux créateur.

Ronny Nalin, titulaire d’un doctorat, est chercheur scienti que à l’Institut de recherche Geoscience de la Conférence générale des adventistes du 7e jour. Ronny, Elisa, sa femme, et Gioia, leur lle, habitent à Mentone, en Californie.

1 Ellen G. White, Spiritual Gifts, vol. 3, Battle Creek, Mich., Seventh-day Adventist Pub. Assn., 1864, p. 93.
2 Ellen G. White, Conseils aux éducateurs, aux parents et aux étudiants, p. 430.

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