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L’ÉTRANGE GÉNÉALOGIE DE JÉSUS

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Vous et moi, sommes d’une manière générale curieux de connaître l’avenir et de redécouvrir le passé. Que deviendrai-je dans dix ans, que deviendront mes enfants, qu’en sera-t-il de mon nom? Inversement, nous pouvons nous poser les questions suivantes : d’où suis-je originaire et qui sont mes ancêtres? Il est vrai que pendant longtemps, ce genre de recherches était réservées aux nobles ou aux bourgeois parvenus. Il était alors nécessaire d’avoir ne serait-ce que quelques gouttes de sang bleu pour faire carrière. Aujourd’hui encore cela peut aider. Mais pour l’ensemble des gens, il s’agit plus d’une curiosité. Connaître ses racines peut selon certains psychologues nous aider à mieux nous situer. Qui n’aime pas faire allusion à son grand oncle magistrat, à son grand-père général. Qui ne s’est pas amusé à dresser un arbre généalogique? Ce qui réserve parfois de bonnes surprises et passablement de points d’interrogation.

l’époque de Jésus, une aristocratie économique et religieuse prétendait être de la pure descendance d’Abraham. Race pure, elle avait hérité le salut. Il suffisait d’appartenir à cette digne lignée de notables pour être sauvé. C’était une sorte de salut par le nom. Voilà qui suscitait passablement de disputes puisque l’apôtre Paul écrivant à Timothée lui recommande de ne pas s’attacher à des fables et à des généalogies sans fin : «qui produisent des discussions plutôt qu’elles n’avancent l’œuvre de Dieu dans la foi.» ( 1 Ti 1.4)

La généalogie de Jésus

L’évangéliste Matthieu qui écrit entre 25 et 30 ans après la mort de Jésus, éprouve le besoin d’introduire l’histoire du Christ, par une généalogie. Une étonnante généalogie, avec des oublis, des répétitions, des irrégularités. Une généalogie qui se moque de la chronologie, et s’accorde mal avec celle que nous présente Luc dans le troisième chapitre de son évangile. Mais c’est précisément par son non-conformisme que cette généalogie est éloquente. Elle lance à sa façon, un message. « Le nombre total des générations est donc de 14 d’Abraham à David, 14 de David à la déportation de Babylone, 14 de la déportation de Babylone au Christ » (1.17). Première question, pourquoi ce classement volontaire et parfois forcé en groupes de quatorze ? Selon certains commentateurs, 14 est le nombre de David. En fait, les trois consonnes qui forment le nom du roi, ont une valeur numérique de 14.

On constate aussi que les 14 premières générations regroupent les patriarches et, après cette première série, viennent celles des rois et de ceux qui sont revenus de l’exil à Babylone. Il s’agit de trois grandes étapes du peuple de Dieu, trois grandes attitudes spirituelles. Les patriarches qui ont vécu la promesse, les rois, qui ont fait l’expérience du jugement de Dieu et ceux qui reviennent de l’exil dans une patrie ravagée, reçoivent les consolations de Dieu. Ces trois séries, ces trois attitudes spirituelles de l’histoire d’Israël aboutissent au Christ, car c’est en lui que la promesse est accomplie, le jugement rendu et la consolation apportée. Toute l’humanité avant le Christ converge vers lui. Toute la vie du peuple de Dieu aboutit à la croix. Cette grande famille trouve sa réalité en Jésus. C’est le premier enseignement de cette généalogie.

Jésus est l’avenir de nos familles

Dans cette famille, il y a des noms célèbres, des géants de la foi : Abraham, Jacob, David, Ezéchias, Josias. La grandeur des familles est liée à l’obéissance et à la foi en Dieu. C’est lui qui donne la croissance et la vitalité. Il est toujours affligeant de constater le dépérissement de certaines grandes familles dont les ancêtres ont lutté, voire sont morts, pour leur foi. On dit que c’est une fin de race. On a beau dresser des tables généalogiques, collectionner des titres de noblesse, sauvegarder des particules, c’est fini. L’arbre n’a plus d’histoire, plus d’avenir. Les enfants ont perdu la foi vivante qui faisait le dynamisme et la force de leur père. Personne n’est plus stimulé par les promesses de Dieu, corrigé par ses jugements, soutenu par ses encouragements. On ne vit plus dans la perspective de Jésus comme un arbre qui grandit à côté du ciel. L’arbre se laisse envahir par les parasites, les convenances mondaines, le goût du confort, l’amour des richesses. Jésus est l’avenir de nos familles. Il confère aux hommes les vrais titres de noblesse et l’héritage qui ne peut se corrompre. Il est la sève qui communique aux générations la vitalité de la foi. «Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé toi et ta famille », disait Paul au geôlier de Philippes. Voilà ce que la généalogie de Jésus doit en premier lieu nous apprendre.

Le véritable scandale

Dans toute généalogie, il y a un effort pour cacher les points d’interrogation et les mauvais exemples. N’apparaissent que les grands, les instruits, les puissants. Silence sur le grand oncle alcoolique, silence sur la cousine de mauvaise vie, silence sur l’aïeul escroc. On sélectionne. Tout doit correspondre à la norme. Dans la généalogie de Jésus, oh ! stupeur, la norme est balayée. Par exemple, on y trouve quatre femmes, alors que le sexe dit faible n’avait pas droit de cité dans une liste d’ancêtres. De plus, ces femmes ne sont pas recommandables. Il y a deux israélites, Tamar qui s’est prostituée avec son beau-père et Bathseba qui, elle, a commis un adultère avec le roi David. C’est une véritable provocation. Ce n’est pas fini, puisque les deux autres femmes sont étrangères. Rahab, était cananéenne et prostituée, tandis que Ruth était moabite. Deux peuples détestés par les israélites. Le genre de personnages dont il est préférable d’oublier l’origine. Inconcevable généalogie qui ose concilier l’inconciliable et ternir la grandeur génétique du Messie. Aujourd’hui, on fait encore attention aux tares familiales. On les redoute. Celui qui a un voleur dans sa lignée est soupçonné d’avoir des tendances au vol. Que dire des prostituées ? Jésus n’a pas eu peur de scandaliser. D’ailleurs, le véritable scandale, n’est-ce pas que Dieu envoie son fils parmi les êtres corrompus ?

Dieu est le Dieu de tous

Cette étrange liste de noms atteste, dès la première page du premier évangile, que Dieu est amour, et qu’il vient sauver les pêcheurs dont je suis le premier. Dieu n’est pas seulement le Dieu des justes, le père des bien-pensants, la providence des êtres en voie de perfection. Il est le Dieu de tous et il ne craint pas de faire alliance avec moi et avec ma famille malgré tous les mécréants qu’on pourrait y trouver. Il y a donc une bonne leçon pour nos familles dans cette étrange généalogie. Une grande famille, une famille chrétienne est assez robuste pour supporter quelques Tamar, quelques Rahab et quelques Bathséda sans éclater pour autant. La famille de Jésus était grande, parce que de grands croyants y supportaient de grands pêcheurs. Puissionsnous dans nos familles avoir cette force d’aimer et de pardonner. Dans la famille du Christ, on ne met pas à la porte la brebis galeuse, mais on ouvre la porte à l’enfant prodigue.

Le fils adoptif

Un troisième enseignement se trouve dans la généalogie de Jésus. Il est écrit : « Jacob engendra Joseph, l’époux de laquelle est né Jésus qui est appelé le Christ.» Tous ont été engendrés les uns par les autres. Tous descendent d’Abraham, mais il n’est pas dit que Joseph ait engendré Jésus. Il l’a seulement adopté en devenant l’époux de Marie. Ainsi, au point crucial où la généalogie devait prouver que Jésus est de la race de David et du même sang qu’Abraham, la généalogie tourne court. Il y a un hiatus. Le dernier chaînon n’est pas rattaché aux autres par les liens du sang. Le rameau de l’arbre n’est pas issu du tronc. Il a été greffé dessus.

Pas de christianisme par hérédité

Cette lacune est significative. Elle nous rappelle que jamais Jésus n’entre dans une famille par simple hérédité. Personne n’a le christianisme dans le sang et personne ne peut le transmettre à ses descendants comme un héritage. Personne n’est chrétien d’office ! On le devient par un choix personnel, par un acte de foi semblable à celui de Joseph qui adopte Jésus, d’Abraham qui reçoit Isaac, le fils de la promesse, de Boaz qui adopte Ruth la moabite, de Rahab qui cache les espions de Josué. Peu importe si Rahab est bien l’ancêtre de David et de Joseph, peu importe la chair et le sang. Une nouvelle famille se crée, beaucoup plus large et fraternelle que la famille charnelle. Une famille où l’on trouve des jaunes, des noirs, des blancs, des Européens, des Africains, des Asiatiques, des Américains. Personne n’a honte de personne. Personne ne rejette personne, car tous sont frères et sœurs en Christ. «Qui sont ma mère, mes frères ma sœur ? » avait dit Jésus aux siens venus de Nazareth, pour le mettre en garde. Il répondit : «Quiconque fait la volonté de mon père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère et ma sœur et ma mère.» C’est pourquoi les croyants forment une grande famille. Les liens qui devraient nous unir, sont plus forts que ceux du sang.

Montre-moi ton sang bleu

L’étrange généalogie de Jésus nous invite à considérer comme non avenue et anti-évangélique, les notions de supériorité qui s’attachent à la race, à la nationalité ou au nom. S’il y a une légitime fierté, c’est bien d’appartenir à la grande, à l’universelle famille des enfants de Dieu. Là il n’y a plus ni Juifs, ni Grecs, ni noirs, ni blancs, ni jaunes, ni aristocrates, ni prolétaires, car tous sont un. En Jésus, ils sont les branches et rameaux d’un seul arbre généalogique dont nous tirons la sève et dont le feuillage ne se flétrira jamais.

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