Ce soir, j’ai regardé le film Dis-le au monde avec ma famille spirituelle. Après quoi, nous avons tous partagé nos pensées et nos réactions… Alors que je ne m’y attendais pas, j’ai fondu en larmes.

J’ai pleuré parce que c’était comme si j’étais dans le film.

J’aurais pu être assise à la table de la cuisine avec Joseph Bates et sa femme, parce que dans les années 1970 et 1980, j’ai lu leur histoire à la lumière d’une lampe au kérosène. Quand j’ai vu Goodloe Harper Bell, un professeur, fendre du bois, je me suis revue en train de faire la même chose. Les bonnets et les robes longues des femmes auraient pu être les miens, car ma mère et moi nous habillions de la même manière — excepté que nos bonnets étaient même plus gros.

Le fait de faire ce saut dans le temps n’est, toutefois, qu’une partie de ce qui m’a arraché des larmes. Elles étaient surtout imputables au fait de confronter deux Ellen White et de sentir l’impact des deux sur ma vie — passée et présente.

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Autres temps, autres lieux

Premièrement, il y avait l’Ellen White de mon enfance — celle qui a écrit les livres rouges (et les noirs aussi, sans parler de nombreux autres écrits non publiés que mes parents ont étudiés). On m’a enseigné à porter de gros bonnets parce qu’Ellen White avait écrit que « les petits bonnets, exposant le visage et la tête, aficchent un manque de simplicité » 1, et que les « robes extrêmement longues qui balaient le sol, et… les robes extrêmement courtes, arrivant environ aux genoux, portées par une certaine classe », ne conviennent pas2.

Lorsque dans le lm, Ellen White apprit à son mari étonné ce que Dieu lui avait révélé au sujet du régime alimentaire, j’ai ri chaque fois qu’elle disait « Et ce n’est pas tout », parce que je me souvenais de ce que l’Ellen White qu’on m’avait présentée dans l’enfance avait dit. J’en avais commencé l’expérience dès l’âge de 6 ans : deux repas par jour et « aucune parcelle de nourriture […] entre les repas » 3, sans parler de ce qu’elle n’a jamais conseillé : des jeûnes hebdomadaires, des jeûnes de 10 jours, des régimes aux aliments crus, des net toyages du côlon, entre autres.

C’était « à cause » d’Ellen White que nous habitions dans une région reculée et attendions le retour de Jésus dans l’isolement. À une époque où la vie urbaine était clairement malsaine et fréquemment impie, elle avait écrit : « Quittez les villes » 4. C’était « à cause » d’Ellen White que nous, les enfants, n’avions pas le droit d’utiliser nos voix, de produire de simples effets sonores et de nous servir d’une enregistreuse à piles pour créer des versions animées des histoires de la Bible, parce qu’elle avait dit que le théâtre est un péché (en réalité, ce n’est pas ce qu’elle a dit). C’était « à cause » d’Ellen White que je ne pouvais aller à l’école, et qu’il n’y avait que l’école à la maison de valable. C’était à cause de l’interprétation de ses conseils que manger un morceau de pizza, écouter un air entraînant, ou ne pas s’agenouiller à chaque prière était aussi grave que de porter des pantalons, des bijoux, se livrer à la fornication, et transgresser le sabbat…

Une personne, pas un programme

Cependant, à l’âge de 12 ans, j’ai découvert une toute autre Ellen White. Pas celle qui avait coutume de rabrouer à peu près tout ce dont mon cœur d’enfant avait envie, ni celle qui me faisait sentir coupable à la moindre transgression de mille ordres dans le cadre du « faire » et « ne pas faire ».

J’en ai eu assez de me faire dire ce qu’Ellen White avait dit. Pour savoir qui était vraiment la messagère du Seigneur, j’ai décidé de lire ses livres pour moi-même. Au l de ma lecture, j’ai découvert qu’elle racontait des histoires extraordinaires de la Bible et qu’elle détaillait la vie de Jésus. Son livre Vers Jésus m’a aidée à donner ma vie au Seigneur. Les soirs de pleine lune, j’ai pris l’habitude d’aller dehors et de lire l’épisode de Jésus à Gethsémané. C’est devenu, depuis, l’un de mes passe-temps préférés.

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Cette Ellen White a non seulement tourné mon cœur vers Christ, mais a aussi lancé un dé à ma pensée. Elle m’a amenée à me demander si mes parents bien intentionnés avaient possiblement fait erreur. Il m’a fallu de nombreuses années pour comprendre qu’ils étaient devenus décentrés, déséquilibrés. En lisant la citation suivante, j’ai compris que quelque chose ne tournait pas rond : « Chers jeunes gens, quel est le but de votre vie ? Voulez-vous vous instruire pour acquérir un nom et une position dans le monde ? Caressez-vous l’ambition secrète d’atteindre un jour les sommets de la vie intellectuelle, de faire partie des assemblées législatives et de contribuer à donner des lois au pays ? Il n’y a rien à blâmer dans de telles aspirations 5. »

Nos parents s’étaient retirés du monde et nous avaient enseigné à le fuir. Et pourtant, cette même Ellen White disait : « Chacun de vous peut atteindre son but. Il ne faut pas se contenter de succès mesquins. Visez haut, n’épargnez aucune peine pour atteindre la cible6. » Pendant un moment, j’ai essayé d’imaginer que je me trouvais là, au Congrès… vêtue d’une robe longue et portant un bonnet. Que je débattais un projet de loi pour qu’il devienne une loi – moi qui n’étais jamais allée à l’école, moi qui ne m’étais jamais impliquée en politique…

C’était, à l’évidence, inimaginable !

Une vision plus large

Ensuite, une autre citation a murmuré à mon cœur la possibilité d’un dessein divin plus large pour moi : « Le monde entier s’ouvre à l’Évangile. L’Éthiopie tend les mains vers Dieu. […] [De] tous les coins de cette terre, monte le cri des cœurs blessés par le péché et avides de connaître le Dieu d’amour. Des millions et des millions de gens n’ont jamais entendu parler de Dieu ni de son amour révélé en Christ. Ils ont le droit de le connaître […] Et il nous incombe […] de répondre à leur cri7. »

Ces paroles ont résonné en moi tel un appel direct, personnel. Je voulais être de ceux qui atteignent des millions ! Mais comment le pourrais-je avec ce gros bonnet sur ma tête ?

Après bien des années, j’ai enfin pu aller là où je pouvais découvrir les principes – les grandes vérités sous-jacentes immuables par lesquelles je pouvais diriger ma vie et y apporter les changements nécessaires.

Plus tard, j’ai aussi développé une compréhension de Jésus et du don de l’Esprit de prophétie basée sur une relation, laquelle m’a aidée à découvrir comment atteindre mes semblables sans que mes croyances ne m’emprisonnent comme dans une armure. En fait, plus tôt dans la semaine, avant de regarder le lm, j’avais raconté comment j’étais passée de l’extrémisme à une foi vivante dans un podcast enregistré pour un grand public de 60 000 personnes.

Enfin, me suis-je dit, je commence à atteindre une fraction de ces millions !

Ce soir donc, j’ai regardé Dis-le au monde. L’Ellen White que j’y ai vue était comme celle que j’avais rencontrée pour moi-même il y a fort longtemps. Cette Ellen-là partageait les révélations divines du mieux qu’elle les comprenait, et dirigeait constamment les gens vers la Bible. C’est cette Ellen-là qui a encouragé tout le monde à parler de Dieu et de son amour.

Deux images d’Ellen White se sont alors dressées devant moi. L’une est l’arme de choix dont beaucoup se servent pour défendre leurs idées chéries, et une autorité sévère exigeant une obéissance aveugle. L’autre est une personne réelle qui ne faisait qu’essayer de transmettre au monde les vérités merveilleuses qui lui avaient été révélées, et qui voulait aider quiconque à mieux entendre le pouls compatissant de Dieu. Le lm Dis-le au monde saisit cette Ellen White qui en fait, désirait que les autres la connaissent ainsi.

Mais ce n’est pas à cela que je pensais quand j’ai essayé de partager mes pensées avec ma famille spirituelle. Non… Tout ce que je savais, c’est que je ne pouvais retenir mes larmes.

Pour voir Dis-le au monde, il n’y a qu’à l le regarder ici :

 

Rachel Williams-Smith, titulaire d’un doctorat en éducation, est l’auteur du mémoire Born Yesterday: The True Story of a Girl Born in the 20th Century but Raised in the 19th, et doyenne de l’École de journalisme et des communications à l’Université Southern, à Collegedale, au Tennessee (États-Unis).

1 Ellen G. White, Testimonies for the Church, Mountain View, Calif., Paci c Press Pub. Assn., 1948, vol. 1, p. 189.
2 Ibid., p. 464.
3 Idem., Conseils sur la nutrition et les aliments, p. 214.

4 Idem., Messages choisis, vol. 2, p. 161.
5 Idem., Messages à la jeunesse, p. 33.

6 Idem., Messages choisis, vol. 2, p. 161. 6 Ibid.

7 Idem., Éducation, p. 295.

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