Il y a plus de 70 ans, un médecin franco-suisse adventiste né à La Chaux-de-Fonds en 1888, le Docteur Jean Nussbaum, fonda l’Association Internationale pour la Défense de la Liberté Religieuse – AIDLR – et sa Revue « Conscience et Liberté ». Jusqu’à l’âge de 79 ans, il rencontra régulièrement et influença les dirigeants d’une douzaine de pays sur le globe dont la première Présidente de l’Association – Mme Eléonore Roosevelt – veuve du Président Franklin Roosevelt. Par ses interventions, souvent menées dans les antichambres feutrées des chancelleries ou dans les salons des grands de ce monde, il permit à des milliers de personnes emprisonnées ou menacées à cause de leur choix religieux de retrouver la liberté.

 

Une vision humaniste, durable et respectueuse des institutions

Dès sa fondation, l’association a été soutenue par des personnalités illustres du monde universitaire, religieux et politique. Plusieurs d’entre eux, Edouard Herriot, Paul Claudel, Georges Duhamel et Albert Schweitzer parmi tant d’autres, contribuèrent à relayer les idéaux de la liberté religieuse dans le monde.

La vision originale du Dr Jean Nussbaum qui a permis de créer l’AIDLR perdure et se révèle de plus en plus pertinente et nécessaire à l’heure actuelle. En 1948, il déclara : « … tous les humains, quelles que soient leurs origines, leur couleur de peau, leur nationalité ou leur religion, sont conviés à cette croisade contre le sectarisme s’ils sont épris d’un idéal de liberté.»
Depuis sa fondation, l’AIDLR a pour but de répandre à travers le monde les principes de cette liberté fondamentale – la liberté religieuse -, et de protéger par tous les moyens légitimes le droit de chacun à pratiquer le culte de son choix ou de n’en pratiquer aucun. Qu’en est-il aujourd’hui ?

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes

Le dernier Rapport de l’AED – Aide à l’Eglise en Détresse – sur la liberté religieuse dans le monde, publié le 15 novembre 2016, conclut à la dégradation générale de la situation et dénonce un intégrisme religieux plus violent que jamais, qui entraîne la mort, la destruction, le déplacement des populations et l’instabilité des pays à des niveaux sans précédent. Sur les 196 pays étudiés, 38 ont montré des preuves indubitables de violations importantes de la liberté religieuse. Parmi eux, 14 ont vu leur situation s’aggraver nettement depuis 2014, date du dernier Rapport, 21 n’ont pas évolué (mais pour certains comme la Corée du Nord, leur situation ne pouvait difficilement empirer), et seuls 3 ont vu leur situation s’améliorer (Bhoutan, Egypte et le Qatar).

La Suisse romande précurseur en la matière ?

C’est dans ce contexte que l’église adventiste francophone de Genève a accueilli son 1er Festival de la liberté religieuse, samedi 28 octobre 2017, avec la présence de l’Ambassadeur Son Excellence Ibrahim Salamah, émissaire pour les Droits de l’Homme auprès des Nations Unies, du Pr David Jennah, Président de la Fédération romande des Eglises adventistes du Septième Jour de Suisse romande et du Tessin ponctué par les messages des autorités fédérales par M. Didier Burkhalter, Conseiller fédéral et chef du DFAE et des autorités cantonales par Madame la Chancelière d’Etat de la République et du Canton de Genève, Madame Anja Wyden Guelpa. Animées par les récentes déterminations des cantons de Vaud et Neuchâtel dans le cadre des projets de loi sur la reconnaissance des mouvements religieux, les Eglises adventistes de Lausanne et Neuchâtel ont pris l’initiative, elles aussi, en 2016 et en 2017, d’organiser la Journée de la Liberté Religieuse et sensibiliser ainsi la population et les autorités à cette problématique, avec le soutien du Centre international de la liberté religieuse dirigé par le Dr John Graz sur le campus de Faculté adventiste de Collonges-sous-Salève en France voisine. Le message du Pr Franco Rossi relayé par David Jennah et les notes classiques et douces du groupe Soli Des Gloria ont donné une touche apaisante à cette journée menée de mains de maître par les pasteurs Olivier Rigaud, Freud Braz, Zoran Zivkov et toute l’équipe pastorale de l’Eglise de Genève Francophone.

 

“Au nom de Dieu Tout Puissant”

Pour terminer, il est bon de rappeler que le préambule de la Constitution fédérale suisse rappelle à tout un chacun les liens fondamentaux entre les concepts de l’Etat et de l’Eglise en prenant soin de la liberté des femmes et des hommes à se déterminer et à s’investir dans la foi en Suisse ou ailleurs, dans le plein respect des institutions, des us et coutumes et des traditions du pays hôte, mais déjà gronde à l’horizon et au Parlement à Berne l’orage pour se débarrasser de ce
préambule trop contraignant. Qu’en sera-t-il ? Affaire à suivre et le combat continue comme il y a 70 ans !

Donato Stasi, chargé des relations extérieures FSRT

 

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