Le christianisme perd du terrain en Australie. C’est ce que nous ont dit les statistiques du recensement de l’an dernier. Tous les cinq ans, le recensement donne une vue d’ensemble de la société australienne en nombre. Chaque recensement comporte des questions sur la religion – la seule section non obligatoire.

Certains suggèrent que deux choses faussent le dernier recensement et réduisent donc le nombre de ceux qui affirment leur foi. La première est que, pour la première fois, l’option « sans religion » a été placée en tête de liste, ce qui la favorise.

L’autre facteur est une campagne menée par la Fondation Athée d’Australie (AFA) qui a encouragé les gens à cocher la case « sans religion » s’ils n’avaient aucune foi personnelle significative. La présidente de l’AFA, Kylie Sturgess, a appelé les dirigeants politiques à écouter la population non religieuse en ce qui concerne la politique publique. Elle a dit vouloir une politique basée sur des preuves et non sur des croyances religieuses (1).

Quelle qu’en soit la raison, le plus grand changement dans le paysage religieux en Australie est la croissance de ceux qui se prétendent « sans religion ». Les résultats du recensement montrent que 2,2 millions de personnes supplémentaires ont déclaré n’avoir aucune religion par rapport au recensement de 2011. Désormais, 30,1% (soit 7 millions) d’Australiens disent ne pas avoir de religion. C’est 30,1% comparé à un minuscule 0,8% en 1966 et 12,9% en 1991 – une augmentation spectaculaire. Dans le même temps, le christianisme est passé de 88,2% en 1966 et de 74,0% en 1991 à 52,1% lors du recensement de 2016.

Gary Bouma(2), de l’Université Monash, fait remarquer que pour suivre la croissance démographique, tout groupe religieux doit croître de 8,8%. Cela rend la perte encore plus dramatique. Cependant, il souligne que seulement 9,6% ont refusé de répondre à la question religieuse optionnelle, qui dit que “l’identité religieuse est toujours source d’intérêt pour les Australiens”. Là encore, marquer « sans religion » peut ne pas vouloir dire que la personne est « anti-religion, en manque de spiritualité ou athée ». Cela pourrait simplement signifier qu’elle ne « s’identifie pas à une forme de religion organisée ».

Un changement majeur dans le mélange religieux australien est survenu lorsque la politique de l’Australie-Blanche a été abolie en 1966. La migration a ensuite eu tendance à venir de pays non européens où les religions non chrétiennes sont communes. En 1991, les personnes affiliées à une religion non chrétienne ne représentaient que 2,6% de la population. Maintenant, 25 ans plus tard, cela est passé à 8,2%. L’hindouisme a connu la croissance la plus significative entre 2006 et 2016, issue de l’immigration en provenance d’Asie du Sud. Oui, la religion la plus forte d’Australie est l’hindouisme !

La montée de l’athéisme

Le chercheur Bernard Salt (3) note que le nombre d’athées a augmenté de 45% depuis le recensement de 2011 et suggère trois raisons possibles à cela. Il émet d’abord l’éventualité que les Australiens deviennent peut-être un « peuple païen et égoïste, plus préoccupé par sa qualité de vie que par le salut éternel ». Ou alors, peut-être se détournent-ils des églises chrétiennes après les révélations d’abus d’enfants par le clergé. Mais il est plus convaincu par l’argument que, dans le passé, beaucoup ont sûrement indiqué appartenir à une certaine dénomination par loyauté familiale ou ethnique, mais que dans les faits, ils n’appartenaient pas officiellement à cette église. Maintenant, ils osent dire la réalité et, d’après lui, « enfin, il y a un soulagement, il y a de l’honnêteté, il y a une rupture avec les affiliations religieuses de nos jeunes ».

Même si c’est le cas, le nombre d’athées a augmenté dans tous les groupes d’âge. Bernard Salt s’étonne que 600 000 des 65 ans et plus soient des athées autoproclamés. Cette « montée de l’impiété » a un impact sur « les baby-boomers vieillissants et en perte de vitesse qui sont de plus en plus conscients de ce qui peut, ou ne peut pas, se situer au-delà du grand abîme ».

 

La mort de la religion

Alors que le dernier recensement australien peut inquiéter les chrétiens, le christianisme est loin de mourir. Tim Costello de Vision Mondiale, dans son livre Faith (Foi), a écrit : « Au sein de cette nation laïque, il y a beaucoup plus d’Australiens à l’église chaque dimanche que de gens qui assistent aux matchs de football professionnel (ou autres sports) chaque semaine. Cela en surprend beaucoup d’entre nous, car nous savons tous à quel point nous sommes obsédés par le sport. »

Il ajoute que 23 des 25 plus grandes organisations caritatives en Australie sont chrétiennes. « Les organisations de l’Église continuent de faire la plus grande partie de la grande récolte de fonds de charité dans cette nation fièrement laïque ». Et cela soulève une question : quels groupes vont assumer ces tâches si le christianisme continue de s’estomper ?

En regardant le spectre plus largement, le chercheur social Hugh Mackay (5) met en garde : « A quiconque prédirait la mort de la religion… Qu’il regarde non seulement les cours d’histoire mais aussi la situation actuelle au niveau mondial. Environ 73% de la population mondiale s’identifie à l’une des quatre grandes religions mondiales : le christianisme, l’islam, l’hindouisme et le bouddhisme ». Selon les estimations, leur nombre atteindra 80% d’ici 2050. Et la Chine devrait devenir le plus grand pays chrétien et musulman. La base de données sur les religions du monde souligne que le nombre d’athées a atteint son apogée vers 1970, lorsque l’athéisme soutenu par l’État était le plus efficace dans les pays communistes. À mesure que le communisme s’est effondré dans la plupart des régions, l’athéisme a décliné (6). Et si les taux de natalité restent sains dans les pays en développement où l’adhésion religieuse est élevée, les populations anglos-européennes, relativement païennes, vieillissent ou même diminuent.

 

Un défi pour le christianisme

En plus des résultats du recensement, un sondage Ipsos d’octobre 2017 (7) a révélé que près de deux Australiens sur trois (63%) estiment que la religion fait plus de mal que de bien. « L’Australie est l’un des pays les plus négatifs en ce qui concerne le préjudice perçu par la religion », rapporte David Elliot d’Ipsos. La Belgique, avec 68%, a le taux le plus élevé d’insatisfaction. Le sondage a également révélé que seulement 25% des Australiens estiment que les personnes religieuses étaient de « meilleurs citoyens ». Mais est-ce dû au fait que les personnes interrogées ne côtoient pas réellement de nombreux chrétiens actifs ? Peut-être, car quand ils en côtoient – et c’est encourageant – la plupart des Australiens (84%) disent se sentir « complètement à l’aise » avec des personnes ayant des croyances différentes de la leur. « À cet égard, nous sommes parmi les nations les plus tolérantes au monde », affirme David Elliot. « Cette tolérance peut refléter notre société multiculturelle ou peut être motivée par la croyance selon laquelle les impacts négatifs de la religion sont plus un problème mondial que local ».

Quelle que soit la raison, le recensement et ce sondage représentent un défi pour ceux d’entre nous qui apprécient et suivent le christianisme. Le christianisme ne connaît plus le même nombre de supporters qu’il a déjà connu et cette tendance à la baisse va probablement continuer. Comment les chrétiens peuvent-ils réagir face à cela ?

Une opportunité prometteuse se trouve dans une question posée par Tim Costello qui demande : « L’impopularité de l’Église pourrait-elle être due à l’attente raisonnable des gens qui attendent qu’elle ressemble davantage à Jésus ? » (8)

Les chrétiens ressemblent-ils davantage à Christ ? Aujourd’hui, cela ferait une différence. Au final, si chaque chrétien ressemblait plus au Christ, je peux imaginer une augmentation de l’appréciation du christianisme. Le prochain recensement pourrait même voir le christianisme gagner du terrain.

 

  1. http://www.news.com.au/national/ no-religiontops-religion-question-in-census/news-story/a3b45e6b2e35df695932a83535078f51
  2. https://theconversation.com/census-2016-shows-australias-changing-religious-profile-with-morenones-than-catholics-79837
  3. http://www.theaustralian.com.au/news/inquirer/faith-no-more-churches-in-trouble-as-the-nationgoes-godless/news-story/4e5c0d079888964c1ad871c6a7c61623
  4. Tim Costello, Faith, Hardie Grant Books, Richmond,Victoria, 2016, p 254.
  5. https://johnmenadue.com/hugh-mackay-what-the-census-really-said-about-religion/
  6. http://www.science20.com/writer_on_the_edge/blog/atheism_peaks_while_spiritual_groups_move_toward_convergence-156528
  7. http://www.smh.com.au/national/ipsos-global-polltwo-in-three-australians-think-religion-does-moreharm-than-good-in-the-world-20171011-gyz7ii.html
  8. Tim Costello, Faith, Hardie Grant Books, Richmond,Victoria, 2016, p 255.

De Bruce Manners 
Source https://www.hopechannel.com/read/godless-nation
Traduit par Stéphanie Da Silva

 

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